7 poèmes

Poèmes pour un camarade de classe

Sept poèmes originaux pour remercier un camarade de classe, célébrer une complicité scolaire ou accompagner une séparation.

Un camarade de classe connaît une version très précise de nous : celle des cahiers oubliés, des exposés préparés trop tard et des regards échangés quand une consigne paraît incompréhensible.

Ces poèmes parlent d’entraide, de souvenirs scolaires et de chemins qui se séparent. Ils conviennent à une carte, un message de fin d’année ou une lecture devant la classe.

01
chaleureux·carte

La place à côté

Tu gardais la chaise voisine
avec ton sac posé dessus.

La sonnerie nous séparait parfois,
mais jamais assez longtemps
pour que ma place
devienne celle d’un autre.
02
léger·message

Contrôle du mardi

Mardi, les questions semblaient écrites
dans une langue sans dictionnaire.

Tu as levé les yeux vers moi,
j’ai retenu un rire,
et notre panique partagée
a rendu la note moins grave.
03
nostalgique·fin-annee

La règle bleue

Je t’ai prêté ma règle bleue
au premier mois de septembre.

Tu me la rends en juin,
rayée, couverte d’initiales,
plus riche de toute une année
passée entre nos deux tables.
04
drôle·lecture

L’exposé sur les volcans

La maquette penchait dangereusement,
notre volcan refusait de fumer.

Tu as parlé avec tant d’assurance
que même le carton fissuré
semblait avoir choisi
une éruption plus discrète.
05
réfléchi·adieu

Deux lycées

En septembre, deux grilles différentes
s’ouvriront devant nous.

Je ne connaîtrai plus ton emploi du temps,
tu ne corrigeras plus mes dates,
mais certaines amitiés savent sortir
du cadre tracé par la classe.
06
tendre·souvenir

Au bord de la photo

Nous sommes au bord de la photo,
un peu flous, déjà pressés.

Plus tard, je reconnaîtrai surtout
ton coude contre mon épaule
et cette façon de sourire
avant même le déclenchement.
07
amical·carte

Notre table près du radiateur

Nous partagions la table près du radiateur,
les crayons oubliés et les réponses hésitantes.
Tu dessinais des planètes dans les marges
pendant que je surveillais la porte.
Maintenant la classe va se disperser,
chacun vers un nouvel emploi du temps.
Je garderai pourtant notre petite équipe,
faite de devoirs, de fous rires
et de courage prêté les mauvais jours.