7 poèmes

Poèmes sur les personnes immigrées

Sept poèmes originaux sur les migrations, les langues, le travail, les frontières et les vies au-delà des étiquettes, avec des scènes concrètes et des perspectives variées, sans citations empruntées.

Poèmes sur les personnes immigrées aborde les migrations, les langues, le travail, les frontières et les vies au-delà des étiquettes sans réduire le sujet à une émotion unique ni à une formule décorative.

Chaque texte privilégie les gestes précis, les relations réalistes et la liberté des personnes concernées.

01
engagé·droits

Le formulaire et trois langues

Elle comprend trois langues,
mais le formulaire refuse ses accents.
Un agent écoute, corrige le système
et cesse
de présenter l’obstacle technique comme son incapacité.
02
sobre·lecture

La valise ne contient pas un pays

Sa valise garde
des vêtements, des papiers, une photographie.
Elle ne contient pas
tout un pays
ni l’explication complète de son départ.
03
lucide·travail

Le métier reconnu trop tard

Il connaissait déjà ce métier
avant la frontière.
Le nouvel examen
ne crée pas son savoir ;
il décide seulement quand l’administration acceptera de le reconnaître.
04
digne·identité

Une langue apprise sans effacement

Elle apprend le français
et continue de parler sa langue.
Ajouter une voix
ne demande pas
d’effacer celle qui portait ses premiers souvenirs.
05
respectueux·voisinage

Le voisin pas porte-parole

Mon voisin a immigré.
Je lui demande son avis,
pas celui de millions de personnes.
Aucune origine
ne transforme un individu en représentant obligatoire.
06
chaleureux·partage

La fête avec plusieurs recettes

La table rassemble
des recettes venues de plusieurs routes.
Nous mangeons avec plaisir
sans réduire
les migrations à une décoration culinaire rassurante.
07
digne·réflexion

Ce que le dossier ne traduit pas

Dans la valise, un diplôme
attend qu’une administration le reconnaisse.
La personne immigrée apporte
des compétences, des liens et plusieurs langues.
Elle ne se résume pas
à son visa ni au récit de son départ.
Une société juste garantit
droits, accueil et participation
sans exiger l’effacement de son histoire.