7 poèmes

Poèmes sur les tournesols

Sept poèmes originaux sur les tournesols, leur croissance, leurs graines, leurs visiteurs et leur fin de saison.

Le tournesol est souvent réduit à une image de soleil. Dans un jardin ou un champ, il est aussi une tige lourde, une réserve de graines et un refuge temporaire pour de nombreux animaux.

Ces textes suivent la plante du semis à l’automne. Ils observent ses formes réelles sans lui attribuer une joie humaine permanente ni effacer le travail agricole qui l’entoure.

01
espérant·classe

La graine près du mur

Nous enfonçons une graine
près du mur encore froid.

Pendant plusieurs jours,
la terre ne montre rien.
Puis une crosse verte
soulève son premier morceau de lumière.
02
joyeux·lecture

Plus haut que la clôture

Le tournesol dépasse la clôture,
sa tige épaissit sous le vent.

Les voisins voient sa fleur
avant nous depuis la rue.
Le jardin partage parfois
ce qu’il tourne vers l’extérieur.
03
curieux·classe

Le cœur plein de visites

Au centre de la fleur,
une abeille avance en spirale.

Chaque petite forme sombre
devient une étape de travail.
Le tournesol paraît immobile,
mais son cœur reçoit tout un trafic.
04
contemplatif·lecture

Le champ ne regarde pas tout droit

Sous la lumière de l’après-midi,
les fleurs n’offrent pas le même angle.

Certaines penchent déjà,
d’autres gardent la tête haute.
Même aligné par rangs,
un champ conserve ses différences.
05
généreux·lecture

Le repas laissé aux oiseaux

À l’automne, nous ne coupons pas
les deux têtes les plus lourdes.

Les mésanges viennent picorer,
les graines tombent sur la terre.
Ce qui paraît fané
continue de nourrir le jardin.
06
résilient·carte

La tige après l’orage

L’orage couche le tournesol,
la tige ne se relève pas.

Nous attachons doucement
la fleur à un piquet.
Elle ne retrouve pas sa forme ;
elle mûrit pourtant ses graines.
07
lumineux·lecture

Jaune parmi les palissades

Au bord du chantier, trois tournesols
dépassent une palissade de métal.
La poussière couvre leurs feuilles,
les marteaux secouent chaque matin l’air.
Ils ne se tournent pas vers nous,
mais leur jaune arrête les passants.
Une fleur n’abolit pas le vacarme.
Elle ouvre simplement
un endroit lumineux au milieu de lui.