7 poèmes

Poèmes sur Paris

Sept poèmes originaux sur Paris, ses transports, ses quartiers, ses travailleurs, ses touristes et ses inégalités quotidiennes.

Paris ne se réduit ni à ses monuments ni à une romance de carte postale. Des habitants, travailleurs, visiteurs et personnes précaires partagent une ville dense et inégalement accessible.

Ces textes évitent de reprendre des chansons ou poèmes célèbres. Ils observent des scènes génériques sans prétendre représenter chaque quartier.

01
vif·lecture

La correspondance sous Paris

Sous Paris,
une correspondance demande trois couloirs.

Les voyageurs montent,
descendent et cherchent une couleur.
La ville souterraine
organise les distances autrement que la carte des rues.
02
respectueux·hommage

La file avant huit heures

Avant huit heures,
une boulangerie reçoit déjà sa file.

Le pain paraît quotidien,
le travail a commencé bien plus tôt.
Paris du matin
repose sur des métiers réveillés avant ses visiteurs.
03
lucide·discussion

La photographie et le trottoir occupé

Un visiteur recule
pour cadrer une façade.

Une habitante contourne,
pressée par son horaire.
Paris touristique
partage chaque image avec une ville où quelqu’un travaille.
04
grave·lecture

La petite chambre derrière la grande adresse

L’adresse semble prestigieuse,
la chambre tient sous le toit.

Le loyer absorbe
une grande part du salaire.
Paris brillant
ne distribue pas également l’espace derrière ses façades.
05
contemplatif·lecture

Les pavés après la pluie

Après la pluie,
les pavés reflètent les feux.

Un vélo ralentit,
un agent nettoie une grille.
La beauté parisienne
coexiste avec les gestes nécessaires pour que la rue fonctionne.
06
réfléchi·discussion

Paris ne s’arrête pas dans les vies à sa limite

Une ligne administrative
sépare Paris des villes voisines.

Les travailleurs la traversent,
les familles et les réseaux aussi.
La frontière urbaine
n’interrompt pas les vies qui composent la métropole.
07
urbain·lecture

Six heures près du canal

À six heures, Paris appartient déjà
aux boulangers, aux éboueurs, aux premiers métros.
Près du canal, un joggeur
dépasse une équipe qui décharge des caisses.
La ville des cartes postales
se construit sur ces gestes peu photographiés.
Paris brille, travaille, exclut parfois,
et change selon
la rue, l’heure et celui qui la traverse.