7 poèmes

Poèmes avec allitération

Sept poèmes originaux utilisant différentes allitérations pour faire entendre le vent, l’eau, la ville, les animaux et les émotions.

L’allitération répète un son consonantique afin de créer un rythme ou une sensation. Elle fonctionne mieux lorsque le son accompagne le sujet au lieu de transformer le texte en exercice imprononçable.

Chaque poème de cette collection privilégie une consonne différente. Les répétitions restent audibles et peuvent servir à la lecture en classe, tout en conservant une scène et un mouvement propres.

01
vif·classe

Vent vif sur la vigne

Le vent vif visite la vigne,
vole entre les vieux verrous.

Les vrilles vibrent,
les feuilles virent vers la vallée.
Au village, une vitre
répond par une voix brève.
02
joueur·lecture

Petite pluie sur les pavés

Une petite pluie patiente
pique les pavés de la place.

Les passants pressent le pas,
plient leurs plans sous leur poitrine.
Près du porche, un pigeon
préserve paisiblement ses plumes.
03
mystérieux·classe

Le serpent sous la souche

Sous la souche sèche,
un serpent souple se glisse.

Sans sonner, sans secouer l’herbe,
il suit le soleil.
Seule sa silhouette
signe un instant le sentier.
04
joyeux·classe

Le marché du mercredi

Mercredi, le marché murmure :
melons, menthe, miel, morilles.

Les marchands mesurent,
les mains mélangent la monnaie.
Ma mère me montre
la meilleure mangue du mois.
05
tendu·lecture

Les claquements de la colère

La colère claque contre mes côtes,
cogne comme une caisse vide.

Je compte, je coupe ma phrase,
je quitte la cuisine.
Le calme revient
quand le bruit cesse de commander.
06
calme·lecture

Doucement descend le dimanche

Doucement descend le dimanche,
derrière les derniers devoirs.

Dans la chambre, deux draps
dessinent déjà le repos.
Dehors, la ville diminue
et demain demeure à distance.
07
musical·classe

Sillage sonore au crépuscule

Sous les saules, le soir glisse
sur le sentier souple et sombre.
Six cygnes silencieux séparent
la surface lisse du fleuve.
Je suis ce souffle sans vitesse,
ce secret semé dans les branches.
Les sons se suivent, se frôlent,
puis le silence reprend
sa place au seuil de la nuit.