7 poèmes

Poèmes avec des comparaisons

Sept poèmes originaux construits autour de comparaisons claires et variées, utiles pour lire ou étudier cette figure de style.

Une comparaison rapproche deux réalités grâce à un mot comme « comme », « pareil à » ou « tel ». Elle devient intéressante lorsque le rapprochement apporte une sensation ou une idée plutôt qu’un simple ornement.

Ces poèmes proposent des exemples originaux dans plusieurs tons. Les comparaisons restent compréhensibles, mais évitent les clichés les plus attendus afin de montrer la souplesse de cette figure.

01
réfléchi·classe

Le matin froissé

Le matin sort de ma poche
comme un ticket froissé.

Il porte une heure presque lisible,
un trajet déjà commencé.
Je le lisse sur la table
avant de choisir où descendre.
02
contemplatif·lecture

La pluie aux fenêtres

La pluie frappe les vitres
comme une poignée de graines.

Chaque goutte rebondit,
cherche une terre derrière le verre.
La maison écoute
ce semis qui ne poussera pas.
03
lucide·classe

Le manteau de colère

Ma colère reste sur mes épaules
comme un manteau mouillé.

Elle pèse après l’orage,
colle encore aux manches.
Je dois la retirer lentement
sans la jeter sur quelqu’un.
04
joyeux·partage

Le rire remonte

Ton rire remonte à la surface
comme un bouchon dans l’eau.

Tu essaies de le retenir,
il revient près de tes lèvres.
Bientôt toute la table
flotte avec lui.
05
curieux·classe

La ville à carreaux

Vue depuis la tour,
la ville ressemble à un cahier.

Les rues tracent des lignes,
les voitures déplacent les virgules.
Mais aucun écrivain
ne connaît la phrase entière.
06
mélancolique·lecture

La clé sans serrure

Ce souvenir tient dans ma main
comme une clé sans serrure.

Je reconnais son poids,
sa dent cassée, son métal froid.
Je ne sais plus quelle porte
il prétendait autrefois ouvrir.
07
imagé·classe

Le matin ressemble à un atelier

Le matin ressemble à un atelier
où chacun répare sa propre lumière.
Le café fume comme une petite usine,
la rue s’étire telle une corde humide.
Mes pensées sont des outils dispersés
que je rassemble sans mode d’emploi.
Puis ta voix arrive, claire comme une fenêtre,
et la journée devient
un meuble assez solide pour nous porter.