7 poèmes

Poèmes contemporains originaux

Sept poèmes contemporains originaux sur la vie numérique, le travail, la ville, les relations et les objets de notre époque.

La poésie contemporaine n’est pas une forme unique. Elle peut employer le vers libre, le langage courant, des objets récents et des préoccupations sociales sans abandonner le rythme ni la précision.

Ces textes sont entièrement originaux et ne cherchent pas à imiter un auteur vivant. Ils proposent plusieurs voix et structures ancrées dans des situations actuelles.

01
lucide·lecture

La notification à deux heures

À deux heures,
l’écran éclaire la chambre.

Le message peut attendre,
mais mon attention est déjà debout.
Je retourne le téléphone,
rends la nuit à ce qui ne réclame rien.
02
réfléchi·lecture

Le bureau dans la cuisine

Mon ordinateur ouvre le bureau
entre la corbeille de fruits et l’évier.

La réunion termine,
la pièce reste la même.
Le travail à distance
ne connaît pas toujours la porte qui le ferme.
03
grave·discussion

Le sac carré dans la pluie

Un livreur pédale
sous la pluie du vendredi.

Sur l’application,
quelqu’un suit son déplacement.
La ville numérique
repose encore sur un corps exposé au mauvais temps.
04
tendre·message

Ton message vocal de douze secondes

Ta voix arrive
dans un message de douze secondes.

Tu ris avant la fin,
le métro couvre un mot.
Je garde cet accident
comme une petite preuve de présence contemporaine.
05
ironique·lecture

Article inattendu dans la zone

La caisse automatique annonce
un article inattendu dans la zone.

Une employée vient,
résout le problème sans poésie.
La machine prétend travailler seule,
mais appelle toujours une personne quand le monde dévie.
06
mélancolique·réflexion

Mes souvenirs dans le nuage

Mes photographies montent
dans un nuage sans météo.

Je paie chaque mois
pour conserver les visages.
La mémoire contemporaine
dépend d’un mot de passe que je peux oublier.
07
contemporain·lecture

Le carré noir parmi les fleurs

Un code carré repose près des fleurs
et renvoie vers une voix enregistrée.
La pierre garde un nom,
le téléphone diffuse un rire disparu.
Notre époque archive même le deuil
dans des serveurs lointains.
Je coupe l’écran, écoute le vent
et me demande
quelle mémoire survivra au prochain format.