7 poèmes

Poèmes d’horreur

Sept poèmes d’horreur originaux fondés sur l’atmosphère, l’incertitude et l’étrange, sans violence graphique.

L’horreur poétique peut inquiéter par un détail déplacé, un son ou une absence plutôt que par la violence explicite. Ce qui demeure inexpliqué laisse souvent davantage de place à l’imagination.

Ces créations privilégient une peur atmosphérique accessible aux lecteurs adultes et adolescents avertis. Elles n’empruntent aucun personnage ni univers existant.

01
inquiétant·lecture

Le pas au-dessus

Chaque nuit, un pas
traverse le grenier fermé.

La maison n’a pas d’étage,
dit le plan jauni.
Pourtant la poussière du plafond
tombe toujours au même endroit.
02
étrange·récital

Le miroir en retard

Je quitte la salle de bains,
mon reflet reste une seconde.

Il tourne ensuite la tête
vers la porte fermée.
Depuis, je couvre le miroir
avant d’éteindre la lumière.
03
sombre·lecture

L’appel depuis la maison vide

Le téléphone affiche
le numéro de la maison vendue.

Je réponds, entends seulement
le vieux carillon du couloir.
La maison est vide
depuis que nous avons emporté le carillon.
04
tendu·lecture

L’étage sous le rez-de-chaussée

L’ascenseur descend
après avoir dépassé le zéro.

Aucun bouton ne s’allume,
les portes restent closes.
Une voix annonce mon prénom
dans une langue que je comprends pourtant.
05
inquiétant·récital

La silhouette ajoutée

Sur la photo de famille,
une silhouette apparaît derrière nous.

Personne ne la reconnaît,
mais chacun se souvient de sa main.
Le tirage suivant
la montre un pas plus près.
06
mystérieux·lecture

La porte entre les arbres

Au milieu de la forêt,
une porte tient sans mur.

Derrière, notre cuisine
semble éclairée pour le dîner.
Nous sommes pourtant partis
depuis trois jours sans laisser personne.
07
terrifiant·lecture

Le bouton moins un

L’ascenseur descend après le rez-de-chaussée,
bien que personne n’ait touché au panneau.
Le bouton moins un s’allume,
puis l’écran efface tous les chiffres.
Quand les portes s’ouvrent,
le couloir ressemble exactement au mien,
sauf qu’au bout, devant mon appartement,
quelqu’un attend déjà
avec mon visage tourné vers le mur.