7 poèmes

Poèmes pour papa

Sept poèmes pour un père, avec affection, humour, transmission et souvenirs concrets.

Certains pères parlent peu et montrent beaucoup par les gestes. D’autres racontent trop longtemps la même histoire. Un poème juste peut reconnaître ces façons particulières d’être présent.

La collection comprend des textes courts pour une carte et des poèmes plus développés à lire à voix haute.

01
reconnaissant·carte

La boîte à outils

Tu ne parlais pas de patience.
Tu me montrais la vis
qu’il ne faut jamais forcer.

Des années plus tard, papa,
je comprends que le métal
n’était pas le seul sujet.
02
léger·fête

Notice de montage avec papa

Première règle : ne pas lire la notice.
Deuxième : perdre la vis B.
Troisième : accuser le fabricant.

À la fin, la chaise tiendra presque droite.
Tu t’assiéras dessus, fier,
et personne n’osera respirer.
03
tendre·lecture

Le trajet

Tu m’attendais devant la gare,
moteur allumé, radio trop basse.

Tu demandais seulement : ça va ?
Je répondais comme on répond à dix-sept ans.

Tu conduisais plus lentement
pour me laisser le temps de parler.
04
reconnaissant·carte

Ta façon de dire

Tu dis prends soin de toi
en vérifiant les pneus.
Tu dis je suis fier
en demandant l’heure du train.

Papa, j’ai fini par apprendre
la grammaire de tes gestes.
05
chaleureux·message

Le vieux pull

Tu gardes ce pull depuis vingt hivers.
Il a connu trois maisons,
deux chiens et beaucoup de peinture.

Tu dis qu’il est encore bon.
Je crois que tu parles aussi
de ce qui dure entre nous.
06
sincère·lecture

Plus grand

Enfant, je pensais que tu savais tout.
Adulte, j’ai découvert tes hésitations.

Tu n’es pas devenu plus petit.
Tu es devenu humain,
et notre amour a grandi
à la bonne hauteur.
07
affectueux·carte

Sur la route avec papa

Le dimanche, tu choisissais une route
plus longue que le chemin nécessaire.
Tu montrais un village, un vieux pont,
un arbre frappé autrefois par la foudre.
Je croyais que nous nous perdions.
Je comprends maintenant que tu voulais
nous apprendre à regarder autour.
Chaque détour que je prends aujourd’hui
garde quelque chose de ta patience.