7 poèmes

Poèmes pour son père

Sept poèmes originaux pour parler à son père avec gratitude, humour, désaccord ou affection, dans des relations familiales variées.

Écrire pour son père ne suppose pas une relation parfaite. L’affection peut côtoyer les silences, les différences et les limites que chacun a dû apprendre à poser.

Ces poèmes s’adressent à un père vivant et proposent plusieurs situations. Ils peuvent convenir à une fête, un anniversaire ou un message personnel sans imposer la réconciliation.

01
tendre·carte

La carte toujours dans la voiture

Papa, tu gardes une carte
dans la portière de la voiture.

Même avec le téléphone,
tu vérifies les routes en papier.
J’aime cette prudence ancienne
qui prépare toujours un autre chemin.
02
reconnaissant·message

Le café laissé près de moi

Tu vois que je parle peu,
tu poses un café.

Aucune question ne force
la porte de mon silence.
Papa, ta présence sait parfois
aider sans demander d’explication.
03
ferme·lecture

Nous ne choisissons pas pareil

Tu aurais pris une autre route,
je garde pourtant la mienne.

Notre désaccord reste réel,
mon affection aussi.
Papa, aimer ne signifie pas
te donner la décision finale.
04
drôle·anniversaire

Le feu beaucoup trop grand

Papa, tu allumes le barbecue
comme un phare maritime.

Les voisins voient la fumée,
nous cherchons les saucisses.
Chaque été recommence
avec ton ambition excessive pour les braises.
05
chaleureux·hommage

Quand tu me demandes conseil

Longtemps, tu avais réponse
à presque toutes mes questions.

Aujourd’hui, tu m’appelles
pour régler ton téléphone.
Papa, notre lien grandit
en changeant parfois le sens de l’aide.
06
retenu·message

Les appels espacés

Nos appels sont courts,
parfois séparés de plusieurs semaines.

Je ne prétends pas
que nous savons tout nous dire.
Papa, je garde pourtant
une place honnête pour notre lien.
07
affectueux·carte

La carte pliée dans la boîte à gants

Papa garde une carte routière
dans la boîte à gants depuis vingt ans.
Il connaît pourtant chaque sortie,
chaque station avant la frontière.
Quand le téléphone perd son signal,
il déplie calmement ses anciennes routes.
Je souris, puis je comprends
que sa prudence a souvent
ramené toute la famille jusqu’à la maison.