7 poèmes

Poèmes pour un petit frère

Sept poèmes originaux pour un petit frère, entre jeux, croissance, différences d’âge, disputes et affection sans rôle parental imposé.

Un petit frère n’est pas toujours petit par l’âge adulte qu’il atteindra, ni identique à celui qui écrit. Le lien fraternel peut contenir tendresse, rivalité et autonomie.

Ces textes évitent de transformer l’aîné en parent obligatoire. Ils célèbrent des moments précis tout en respectant les limites et les choix du frère.

01
joyeux·partage

La règle inventée par mon petit frère

Mon petit frère change
la règle au milieu du jeu.

Je proteste,
puis nous écrivons une version commune.
Notre complicité grandit
quand son idée ne vaut pas moins parce qu’il est plus jeune.
02
tendre·carte

Le chemin vers ta propre classe

Petit frère, tu entres
dans une école que je connais.

Je peux t’indiquer
la bibliothèque et le préau.
Ton année pourtant
ne doit pas répéter la mienne ni porter ma réputation.
03
respectueux·réconciliation

La porte fermée après notre dispute

Nous nous disputons,
tu fermes la porte de ta chambre.

Je laisse passer
un moment avant de parler.
Petit frère, l’affection
ne m’autorise pas à entrer sans respecter ton espace.
04
réfléchi·anniversaire

Tu dépasses déjà mon épaule

Petit frère, tu dépasses
déjà mon épaule sur la photo.

Le surnom reste,
ton autonomie augmente.
Je dois apprendre
que notre différence d’âge ne décide pas de chaque compétence.
05
solidaire·hommage

Aider sans faire à ta place

Tu demandes de l’aide
pour réparer ton vélo.

Je tiens la lampe,
tu suis les étapes.
Petit frère, soutenir
ne signifie pas retirer tes mains de ton propre apprentissage.
06
nostalgique·distance

Nos messages devenus moins fréquents

La distance sépare nos villes,
les nouvelles viennent par périodes.

Petit frère, je ne mesure pas
notre lien au nombre d’appels.
Je reste disponible
sans réclamer une proximité que nos vies ne permettent pas toujours.
07
fraternel·carte

Je cours derrière ton vélo

Petit frère, je cours derrière ton vélo
pendant que tu cries de ne pas lâcher.
Ma main quitte pourtant la selle
et tu avances seul jusqu’au portail.
Je ne serai pas toujours
celui qui connaît la route avant toi.
Je veux rester près,
encourager sans conduire
et applaudir les équilibres que tu trouveras toi-même.