6 poèmes

Poèmes rap originaux

Six textes rap originaux avec rythme, rimes et regard social, sans emprunt à des artistes ni à des chansons existantes.

Le rap travaille la voix, le rythme, la rime, le récit et la prise de position. Un texte destiné à être dit gagne à conserver une pulsation tout en évitant les formules reprises d’artistes connus.

Ces créations explorent plusieurs sujets et flows sur la page. Elles sont entièrement originales et peuvent être lues ou déclamées sans musique protégée.

01
vif·récital

Dernier siège du bus

J’entre dans le bus, dernier siège, première heure,
La ville met son costume, cache encore sa fatigue.

Badge dans la poche, café contre le cœur,
On traverse le matin pendant que l’algorithme dirige.
Je rappe les trajets qu’aucun clip ne valorise,
Les vies commencent tôt, même quand l’écran temporise.
02
ferme·récital

Le loyer prend le refrain

Le loyer prend le refrain, le salaire garde un couplet,
Chaque mois même rythme, même chiffre sur le relevé.

On parle de marché comme d’une météo,
Mais quelqu’un fixe le prix derrière chaque mot.
Je rappe le toit, pas la gloire du propriétaire,
Une ville sans habitants devient seulement décor de verre.
03
fier·classe

Ma voix au fond de la classe

Au fond de la classe, ma voix n’était pas absente,
Elle cherchait son moment dans la rumeur dominante.

On m’appelait discret, j’écrivais des tempêtes,
Chaque marge du cahier préparait une autre fête.
Maintenant je prends le micro sans jouer le plus fort,
Le volume n’est pas la seule mesure d’un accord.
04
lucide·récital

Défile, compare, recommence

Défile, compare, recommence, l’écran connaît la danse,
Chaque visage retouché me propose une insuffisance.

Je coupe la connexion, retrouve ma chambre entière,
Aucun filtre ne range les vêtements ni la lumière.
Je rappe un corps réel, ses limites, son histoire,
Pas un produit optimisé pour gagner ton regard.
05
solidaire·hommage

Pas de solo dans l’atelier

On porte la table à quatre, aucun solo dans l’atelier,
Une main tient le niveau, l’autre vient mesurer.

Le patron signe le projet, nos gestes font la structure,
Je rappe les noms cachés sous la belle architecture.
Le travail collectif ne diminue aucune valeur,
Il rend seulement visible l’origine de la hauteur.
06
paisible·récital

Ralentir le tempo

Je ralentis le tempo, refuse la course automatique,
La pause protège aussi mon système organique.

Je laisse un jour vide sans tableau de performance,
Mon silence n’est ni défaite, ni manque d’ambition en souffrance.
Je rappe la limite comme une ligne de basse,
Elle garde le morceau vivant quand la vitesse dépasse.