7 poèmes

Poèmes sur la lumière et l’obscurité

Sept poèmes originaux sur la lumière et l’obscurité comme phénomènes, espaces et images aux significations multiples.

La lumière n’est pas toujours positive, ni l’obscurité toujours menaçante. L’une peut exposer ou épuiser ; l’autre peut protéger le repos et les écosystèmes nocturnes.

Ces textes explorent leurs contrastes sans associer la valeur morale à une couleur ou à une capacité visuelle. Ils partent de scènes concrètes.

01
lucide·lecture

La lumière qui empêche de dormir

Le couloir reste éclairé
pendant toute la nuit.

La lumière permet les soins,
mais traverse aussi ma porte.
Ce qui sécurise un passage
peut fatiguer celui qui cherche le sommeil.
02
contemplatif·lecture

Le jardin rendu à la nuit

Nous éteignons la lampe
qui restait sur la terrasse.

L’obscurité revient,
avec ses insectes et ses déplacements.
La nuit n’est pas vide ;
elle travaille hors de notre regard.
03
réfléchi·classe

Le cercle sur le bureau

Une lampe dessine
un cercle sur le bureau.

Le reste de la pièce
demeure dans l’ombre.
La lumière aide à lire
et choisit en même temps ce qu’elle laisse dehors.
04
prudent·réflexion

La sortie n’est pas une promesse

Au bout du tunnel,
une lumière indique la sortie.

Elle ne garantit pas
que la route suivante sera facile.
Une image d’espoir
ne doit pas mentir sur la suite.
05
respectueux·lecture

La chambre sans veilleuse

Je préfère dormir
dans une obscurité complète.

Tu gardes une petite lampe,
nous adaptons la pièce.
Le confort nocturne
n’a pas une seule intensité correcte.
06
paisible·carte

L’aube sans interrupteur

L’aube n’allume pas
le paysage d’un seul geste.

Les formes reviennent,
les couleurs trouvent leurs bords.
Entre obscurité et lumière,
le monde pratique une longue transition.
07
méditatif·lecture

Une ampoule au bout du couloir

Dans la cave, une ampoule
éclaire seulement le bout du couloir.
L’obscurité demeure entre les portes,
sans devenir forcément une menace.
La lumière révèle une marche,
une poignée, la poussière en mouvement.
Nous avançons avec cette part visible,
acceptant que toute clarté
laisse encore quelque chose hors de son cercle.