7 poèmes

Poèmes sur la technologie

Sept poèmes originaux sur la technologie quotidienne, ses usages, ses pannes, ses coûts humains, son accessibilité et les choix qu’elle ne résout pas.

La technologie n’est ni magique ni neutre. Elle rassemble des matériaux, du travail, des règles et des décisions souvent invisibles derrière une interface lisse.

Ces textes observent les outils numériques sans célébration automatique ni panique facile. Ils gardent les personnes et leurs besoins au premier plan.

01
ironique·travail

La mise à jour au mauvais moment

La mise à jour commence
juste avant la présentation.
La barre avance lentement ;
nous retrouvons un tableau blanc
et découvrons que le projet possède encore des mots.
02
critique·accessibilité

Le bouton que personne ne voit

Le bouton existe,
mais son contraste disparaît à l’écran.
Une fonction inaccessible
n’est pas complète
parce que le code affirme qu’elle fonctionne.
03
lucide·réflexion

Le nuage possède des bâtiments

Mes fichiers montent dans le nuage.
Quelque part, des bâtiments consomment
de l’électricité, de l’eau, des métaux
et le travail nocturne de techniciens.
04
amusé·numérique

L’algorithme et la demande étrange

L’algorithme recommande
un manteau déjà acheté.
Il connaît une transaction,
pas mon placard, ma météo
ni la raison exacte de mon choix.
05
responsable·réparation

Le téléphone réparé

Au lieu de le jeter,
une réparatrice change la batterie.
Le téléphone garde ses rayures
et gagne deux années
sans prétendre devenir neuf.
06
grave·service

Quand la connexion tombe

La connexion tombe.
Le service essentiel devient soudain lointain.
Nous cherchons un numéro,
un guichet, une personne :
la technologie avait supprimé trop de portes.
07
contemporain·réflexion

Pendant que le téléphone redémarre

La mise à jour commence
au moment où j’attends un message.
L’écran devient noir,
puis affiche une barre lente.
La technologie promet la vitesse,
mais dépend de serveurs, de minerais, de travailleurs.
L’utiliser avec attention
consiste aussi à comprendre
ce qu’elle collecte, consomme et décide à notre place.