7 poèmes

Poèmes sur l’absence

Sept poèmes originaux sur l’absence amoureuse, familiale, amicale ou quotidienne, entre manque, silence et place laissée vide.

L’absence peut venir d’un voyage, d’une rupture, d’une mort ou d’un éloignement choisi. Ces situations ne doivent pas être confondues, même si certains objets et gestes rendent le manque visible de façon similaire.

Ces textes gardent volontairement plusieurs causes possibles tout en restant précis dans chaque scène. Ils n’imposent ni retour, ni pardon, ni consolation.

01
mélancolique·lecture

Une seule tasse sortie

Je sors une seule tasse,
l’autre reste derrière la porte du placard.

Mon geste sait
avant ma pensée que tu n’es pas là.
L’absence commence
dans une quantité devenue soudain exacte.
02
nostalgique·départ

Le bureau sans sa plante

Le bureau est vide,
la plante est partie avec toi.

Un collègue occupe la chaise,
pas tes habitudes.
L’absence professionnelle
change la pièce sans arrêter le travail.
03
ferme·réflexion

La distance que j’ai choisie

Je suis absent
parce que cette relation me blessait.

Mon manque n’annule pas
la limite posée.
Une absence volontaire
peut protéger sans devenir indifférence.
04
grave·souvenir

Le nom encore dans le téléphone

Ton nom reste
dans la liste de mes contacts.

Je ne peux plus appeler,
ni supprimer aujourd’hui.
L’absence après la mort
habite aussi les outils prévus pour joindre les vivants.
05
tendre·famille

La chambre pendant les études

La chambre reste
plus rangée depuis ton départ.

Tes livres attendent,
mais ta vie avance ailleurs.
Ton absence grandit
avec une autonomie que je voulais pourtant pour toi.
06
lucide·message

Le silence entre deux réponses

Mon message est lu,
aucune réponse n’arrive.

Je refuse d’inventer
une intention dans ce silence.
L’absence numérique
ne donne pas automatiquement la clé de ce que tu penses.
07
mélancolique·lecture

Le manteau qui ne revient plus

Dans l’entrée, un crochet vide
attire encore mon regard chaque soir.
L’absence ne fait aucun bruit,
mais elle déplace les habitudes de la maison.
Je ferme une fenêtre, prépare moins de café,
écoute un escalier qui reste silencieux.
Peu à peu, j’apprends
que manquer quelqu’un
peut devenir une manière différente de se souvenir.