7 poèmes

Poèmes sur le cœur

Sept poèmes originaux autour du cœur physique et symbolique, entre émotion, courage, fatigue, mémoire et langage quotidien.

Dans la poésie, le cœur sert souvent de raccourci pour l’amour ou la peine. Il est aussi un organe vivant que les métaphores ne doivent pas transformer en diagnostic ni en conseil médical.

Ces textes jouent avec les expressions du cœur tout en conservant des scènes précises. Ils parlent d’émotions et de relations sans promettre qu’un sentiment suffit à réparer une vie.

01
curieux·lecture

Toutes les phrases du cœur

J’apprends par cœur,
je parle à cœur ouvert,
je prends quelque chose à cœur.

Le même mot travaille partout,
comme si la langue
n’avait jamais assez de place pour sentir.
02
lucide·lecture

Après la dernière marche

Au sommet de l’escalier,
mon cœur frappe plus vite.

Je m’arrête, reprends souffle,
écoute le corps revenir.
Tous les battements ne racontent pas
une histoire d’amour.
03
curieux·classe

Le cœur aux deux bosses

L’enfant dessine un cœur
avec deux bosses parfaites.

Puis il regarde l’image
dans son livre de sciences.
Entre symbole et organe,
le crayon apprend deux vérités.
04
réfléchi·lecture

La porte derrière l’expression

On dit que ton cœur est fermé,
comme une porte volontaire.

Peut-être protèges-tu seulement
une pièce encore fragile.
Les métaphores jugent vite
ce qu’elles ne peuvent pas visiter.
05
tendre·message

Un cœur rouge sous le message

Tu réponds par un cœur rouge,
sans ajouter une phrase.

Je ne lui demande pas
de signifier plus que ton geste.
Même un symbole familier
a besoin de contexte pour parler.
06
encourageant·carte

Le courage au cœur tendre

Tu avances malgré la peur,
sans durcir ta voix.

Ton courage ne ferme pas
la porte à la compassion.
Un cœur tendre peut tenir
sans devenir pierre pour résister.
07
introspectif·réflexion

Le rythme sous la chemise

Dans la salle d’attente, mon cœur
continue son travail sous la chemise.
Je l’imagine muscle, pompe, rythme,
loin des symboles dessinés sur les cartes.
Pourtant une main posée près de la mienne
change aussitôt sa cadence.
Le cœur appartient au corps,
mais nos émotions savent encore
troubler sa mesure sans demander la permission.