7 poèmes

Poèmes sur le corps d’une femme

Sept poèmes originaux sur le corps féminin vécu, changeant et autonome, sans regard objectifiant ni idéal unique.

Le corps d’une femme n’est ni un paysage disponible ni une norme à commenter. Il travaille, vieillit, ressent, se repose et appartient d’abord à celle qui l’habite.

Ces poèmes adoptent plusieurs voix féminines ou respectueuses de cette autonomie. Ils parlent de cicatrice, de mouvement, de désir et d’âge sans prétendre représenter toutes les femmes ni réduire leur valeur à l’apparence.

01
souverain·lecture

La ligne sur mon ventre

Une cicatrice traverse mon ventre,
plus claire certains matins.

Elle n’est ni honte,
ni leçon obligatoire de courage.
Elle appartient à mon histoire
et je choisis quand la montrer.
02
lucide·lecture

Mes jambes à la fin du service

Mes jambes ont porté
huit heures de couloirs.

Elles ne demandent pas
d’être admirées ce soir.
Elles réclament une chaise,
de l’eau et le droit au repos.
03
libre·partage

Le miroir ne dirige pas

Je danse devant le miroir,
mais je ne cherche pas son accord.

Mes épaules choisissent le rythme,
mes hanches connaissent l’espace.
Mon corps devient mouvement
avant de devenir image.
04
fier·carte

Après cinquante ans

Ma peau change de texture,
mes cheveux choisissent l’argent.

Je n’ai pas disparu
derière les signes du temps.
Mon corps continue de désirer,
de travailler et de décider.
05
intime·lecture

Avant de toucher

Tu regardes mon épaule,
puis demandes si tu peux.

Mon oui n’était pas présumé,
mon non aurait eu la même valeur.
Le désir respecte mon corps
quand il attend ma réponse.
06
ferme·message

La robe choisie pour moi

On dit que cette robe
cache ce qu’il faudrait cacher.

Je la porte parce que j’aime
sa couleur et son mouvement.
Mon corps n’est pas un problème
que le tissu doit résoudre.
07
affirmé·réflexion

Le miroir sans jugement

Devant le miroir du matin, son corps
ne demande ni note ni comparaison.
Il porte des cicatrices, de la fatigue,
des plaisirs et des forces acquises.
Aucun regard extérieur ne possède
le droit d’en fixer la valeur.
Le corps d’une femme lui appartient,
dans ses changements, ses limites
et la manière libre dont elle choisit de l’habiter.