7 poèmes

Poèmes sur le respect

Sept poèmes originaux sur le respect des limites, des identités, du travail, de la parole et des espaces communs.

Le respect ne se réduit pas à la politesse ni à l’obéissance. Il implique de reconnaître la dignité, les limites et la parole d’autrui, y compris lorsqu’un désaccord demeure.

Ces textes montrent des situations quotidiennes où le respect devient un acte concret. Ils distinguent l’écoute de l’approbation et refusent que le statut donne tous les droits.

01
attentif·classe

Prononcer après la correction

Tu corriges ton prénom,
je le répète lentement.

Je ne plaisante pas
sur les sons inconnus.
Le respect commence
quand ma bouche accepte d’apprendre.
02
respectueux·lecture

Frapper avant d’entrer

La porte est fermée,
je pourrais tourner la poignée.

Je frappe et attends
une réponse claire.
Le respect tient parfois
dans quelques secondes laissées à l’autre.
03
ferme·discussion

Contredire sans réduire

Je conteste ton raisonnement,
sans attaquer ton droit de parler.

Je critique les faits,
laisse ton identité hors de l’attaque.
Le respect n’efface pas
la force nécessaire au désaccord.
04
reconnaissant·hommage

Le nom de celle qui nettoie

Chaque matin, elle nettoie
la salle avant notre arrivée.

Nous apprenons enfin son prénom,
rangeons nos propres déchets.
Respecter son travail
demande plus qu’un merci annuel.
05
lucide·lecture

L’image non publiée

La photo est réussie,
tu demandes qu’elle reste privée.

Je la garde hors des réseaux,
sans négocier ton refus.
Le respect vaut davantage
que les réactions promises par l’écran.
06
attentif·classe

L’enfant n’est pas interrompu

L’enfant cherche ses mots,
les adultes connaissent déjà la réponse.

Ils attendent pourtant
la fin de sa phrase.
Le respect de l’âge
ne signifie pas parler à sa place.
07
attentif·réflexion

Reprendre le prénom correctement

À la troisième réunion, quelqu’un prononce
encore mal le prénom de sa collègue.
Cette fois, il s’arrête, demande,
répète sans plaisanter ni minimiser.
Le respect ne vit pas
seulement dans de grands principes.
Il commence par croire l’autre
quand il nomme ce qui le concerne
et par corriger vraiment son propre geste.