7 poèmes

Poèmes sur le tempus fugit

Sept poèmes originaux sur le thème du temps qui fuit, traité à travers les objets, les âges, le travail et la mémoire.

« Tempus fugit » rappelle que le temps passe, mais cette idée ne doit pas devenir une injonction à rentabiliser chaque instant. Le temps vécu comprend aussi l’attente, le repos et les périodes difficiles.

Ces créations contemporaines explorent le motif sans citer d’œuvres anciennes. Elles observent les traces du passage plutôt que de répéter une morale unique.

01
réfléchi·lecture

Les pages restées au mur

Le calendrier montre encore mars,
nous sommes déjà en juin.

Le temps n’a pas attendu
que nous tournions les pages.
Il fuit parfois
sans même déplacer les objets qui le mesurent.
02
tendre·carte

Les manches devenues courtes

Le manteau allait bien
au début de l’hiver.

En février, les poignets dépassent.
L’enfant n’a rien remarqué.
Le temps fuit
par quelques centimètres de tissu.
03
nostalgique·lecture

L’immeuble à la place du garage

Un immeuble occupe
l’ancien garage de mon enfance.

Je cherche encore la porte bleue
dans le verre neuf.
Le temps fuit
et reconstruit le décor derrière lui.
04
paisible·réflexion

L’heure assise près de l’eau

Je reste une heure
assis près de la rivière.

Aucun projet n’avance,
aucune tâche ne disparaît.
Le temps fuit, oui,
mais cette heure n’était pas perdue.
05
lucide·souvenir

Le visage entre deux photos

Deux photos séparées
par seulement cinq années.

Le visage change doucement,
mon regard le voit d’un coup.
Le temps fuit
par étapes que la vie quotidienne mélange.
06
grave·hommage

La montre continue sans lui

La montre de mon père
fonctionne encore à mon poignet.

Son temps s’est arrêté,
le mécanisme poursuit ses secondes.
Tempus fugit :
les objets ne partagent pas nos frontières.
07
méditatif·réflexion

La date effacée du billet

Dans la poche d’un ancien manteau,
je retrouve un billet de spectacle.
La date s’efface sous mon pouce,
mais je revois la salle et nos visages.
Tempus fugit : le temps s’enfuit
sans attendre que nous sachions le retenir.
Il laisse pourtant des traces modestes,
un papier, une chanson,
par lesquels un soir revient respirer.