7 poèmes

Poèmes sur les cinq sens

Sept poèmes originaux pour explorer la vue, l’ouïe, l’odorat, le goût et le toucher, avec une place pour différentes perceptions.

Les cinq sens offrent une manière simple d’observer, mais tout le monde ne perçoit pas avec la même intensité ni par les mêmes canaux. Une expérience sensorielle n’est donc jamais totalement universelle.

Ces poèmes proposent des scènes concrètes pour la lecture ou la classe. Ils consacrent un texte à chaque sens et un dernier à leur coopération, sans présenter une différence sensorielle comme un manque de personne.

01
curieux·classe

La ville dans la vitrine

Dans la vitrine, je vois
la rue et les gâteaux ensemble.

Un bus traverse les éclairs,
mon visage flotte sur les tartes.
La vue superpose
ce que la main ne pourrait réunir.
02
attentif·lecture

Écouter derrière la porte

Derrière la porte,
je reconnais la machine à laver,
la cuillère dans une tasse,
le pas lent du voisin.

Sans voir la pièce,
l’ouïe en dessine les habitants.
03
contemplatif·classe

La terre avant la pluie

Avant même les premières gouttes,
la terre change d’odeur.

Le jardin annonce l’averse
plus vite que la fenêtre.
Mon nez reçoit
la météo sans regarder le ciel.
04
vif·classe

Le quartier de citron

Le citron touche ma langue,
mes yeux se ferment aussitôt.

L’acidité serre mes joues,
puis laisse un parfum clair.
Le goût fait parfois
une grimace avant de devenir souvenir.
05
paisible·lecture

La pierre encore chaude

Après le coucher du soleil,
la pierre garde la chaleur.

Ma paume lit
ce que la lumière a laissé.
Le toucher retrouve ainsi
un après-midi déjà disparu.
06
inclusif·discussion

Une même orange

Je vois sa couleur,
tu sens d’abord son parfum.

Une autre main reconnaît
la peau sous les doigts.
La même orange arrive
par plusieurs chemins sensoriels.
07
sensoriel·classe

Le marché entier

Au marché, mes yeux suivent les tomates,
mes doigts évaluent la peau des pêches.
J’entends les balances et les voix,
je respire menthe, poisson, pain chaud.
Une olive salée termine l’inventaire.
Les cinq sens ne séparent pas le monde.
Ils le rassemblent
en une matinée dense
que ma mémoire pourra retrouver bien plus tard.