7 poèmes

Poèmes sur les prisonniers

Sept poèmes originaux sur l’enfermement, les droits des personnes détenues, les proches, le temps carcéral et la réinsertion, sans romantiser le crime.

Une personne détenue reste titulaire de droits et ne se réduit ni à son acte ni à une image de victime parfaite. La prison touche aussi les proches et les travailleurs.

Ces textes abordent le sujet avec sobriété, sans effacer les victimes ni prétendre résoudre les débats judiciaires.

01
grave·lecture

La lumière réglée ailleurs

La lumière s’allume
à une heure décidée ailleurs.
Le prisonnier compte
les gestes encore choisis :
plier la lettre, lire, répondre ou garder le silence.
02
sobre·famille

Le parloir et le jouet transparent

Au parloir,
l’enfant apporte un jouet autorisé.
Le plastique transparent
rend visible
la sécurité et la tristesse dans le même objet.
03
ferme·droits

Le droit de recevoir des soins

La porte est fermée,
mais le corps reste vulnérable.
Une peine prononcée
ne retire pas
le droit à des soins réels et accessibles.
04
lucide·correspondance

La lettre relue avant envoi

Il relit sa lettre
et retire une promesse impossible.
À sa place,
il écrit une date, une excuse précise
et ce qu’il peut réellement réparer.
05
attentif·éducation

Le travail derrière le mur

Elle enseigne en détention
et prépare deux niveaux de cours.
La classe existe
malgré les contrôles, les interruptions
et les cahiers qui circulent lentement.
06
réaliste·réinsertion

La sortie sans porte magique

La grille s’ouvre,
mais le logement et l’emploi manquent.
La liberté administrative
ne devient vie stable
qu’avec des droits, du temps et des soutiens concrets.
07
humain·réflexion

Une enveloppe franchit le mur

La lettre traverse le contrôle
avant d’atteindre la cellule.
Un prisonnier relit plusieurs fois
les nouvelles de sa famille.
La peine limite la liberté,
non la dignité ni les droits fondamentaux.
Une société juste doit protéger
contre les violences, préparer la réinsertion
et permettre les liens qui rendent un retour possible.