7 poèmes

Poèmes sur l’identité

Sept poèmes originaux sur l’identité, les noms, les langues, les appartenances, les changements et le droit de se définir.

L’identité rassemble de nombreux éléments : histoire, nom, relations, corps, langue, culture et choix personnels. Aucun de ces aspects ne permet à lui seul de résumer une personne.

Ces textes explorent plusieurs expériences fictives sans parler au nom d’une communauté précise. Ils privilégient l’autodéfinition et la possibilité de changer.

01
ferme·classe

Mon nom dans ta bouche

Tu prononces mal mon nom,
je te corrige sans rire.

Tu recommences lentement,
écoutes chaque syllabe.
Mon identité commence
par le droit de nommer correctement ma propre présence.
02
réfléchi·lecture

Je change de rythme, pas de personne

Dans une langue,
je parle plus vite.

Dans l’autre, je choisis
chaque mot avec prudence.
Mon identité ne se divise pas ;
elle respire selon plusieurs rythmes.
03
lucide·discussion

La case trop petite

Le formulaire propose
trois cases qui ne me suffisent pas.

Je coche la plus proche,
puis ajoute une note.
Mon identité dépasse
le format nécessaire à l’administration.
04
sincère·lecture

Le visage qui ne me résume plus

Ma carte garde
un visage d’il y a neuf ans.

Je reconnais les yeux,
pas toute la personne.
L’identité officielle
vieillit moins vite que la vie réelle.
05
chaleureux·hommage

Les liens que j’ajoute à l’arbre

L’arbre familial montre
les naissances et les mariages.

J’ajoute à côté
les personnes qui m’ont soutenu.
Mon identité relationnelle
inclut aussi les liens librement construits.
06
libre·carte

Le droit de ne plus répondre comme avant

On rappelle qui j’étais,
comme une définition définitive.

Je garde mon histoire,
mais change mes choix.
L’identité possède
le droit de continuer sa phrase autrement.
07
affirmé·réflexion

Aucune case ne suffit

Le formulaire propose quelques cases
et me demande d’en choisir une seule.
Mon identité contient pourtant
plusieurs langues, lieux, liens et changements.
Elle ne devient pas moins vraie
parce qu’elle refuse un résumé commode.
Je me définis aussi
par ce que je découvre,
ce que je conteste et les noms que j’accepte.