7 poèmes

Poèmes sur un amour impossible à oublier

Sept poèmes originaux sur les traces laissées par un amour terminé, entre souvenirs tenaces, colère calme et vie qui reprend.

Certains amours finissent sans disparaître immédiatement. Une rue, une chanson banale ou une habitude du matin suffit alors à faire revenir ce que l’on croyait rangé.

Ces poèmes ne promettent pas l’oubli. Ils observent plutôt comment un souvenir change de place : parfois douloureux, parfois presque ordinaire, jamais identique d’un jour à l’autre.

01
mélancolique·lecture

L’ancien code

Mes doigts composent encore
le code de ton ancienne porte.

La serrure reste muette,
un voisin descend l’escalier,
et ma mémoire comprend enfin
qu’elle n’habite plus ici.
02
troublé·lecture

Rayon numéro quatre

Notre chanson passe au supermarché
entre les pâtes et le savon.

Je ne pleure pas ; je compare les prix,
puis le refrain atteint mon prénom
et le chariot devient soudain
trop difficile à pousser droit.
03
retenu·message

La tasse ébréchée

J’ai gardé la tasse ébréchée
que tu trouvais trop laide.

Elle ne prouve rien de nous,
elle tient seulement le thé
et cette petite absence
que je sais maintenant porter.
04
ferme·lecture

Colère sans adresse

J’avais préparé des reproches précis,
avec des dates et des témoins.

Tu n’es pas venu les entendre.
Alors j’ai ouvert la fenêtre,
laissé le vent disperser les pages
et gardé seulement les faits.
05
apaisé·lecture

Un autre printemps

Le cerisier fleurit sans savoir
que nous l’avions regardé ensemble.

Cette année, je passe seul dessous.
Une pétale tombe sur ma manche ;
je la retire doucement,
sans demander au jour de revenir.
06
lucide·message

La pièce déplacée

Je ne t’ai pas oublié.
J’ai déplacé ton souvenir.

Il n’est plus devant la porte,
ni couché en travers du lit ;
il repose sur une étagère
où la lumière arrive moins souvent.
07
nostalgique·lecture

Devant notre ancien café

Notre ancien café a changé de nom.
Les tables sont vertes, le comptoir déplacé,
mais je reconnais la fenêtre
où tu dessinais des cercles dans la buée.
Je ne veux plus revenir en arrière.
Pourtant certaines rues savent conserver
ce que la mémoire prétend ranger.
Je passe sans entrer,
et ton absence marche un moment près de moi.