7 poèmes

Poèmes de vacances

Sept poèmes originaux sur les vacances proches ou lointaines, leurs attentes, leurs imprévus et le retour au quotidien.

Les vacances ne nécessitent pas toujours un voyage spectaculaire. Elles peuvent se dérouler dans une ville familière, chez des proches ou autour d’un camping où la pluie oblige à modifier tous les plans.

Cette collection évoque le départ, le budget, la vie familiale et le retour. Elle accueille les imprévus sans prétendre que toute interruption du travail devient automatiquement reposante.

01
amusé·souvenir

Les sandwichs du départ

Nous mangeons les sandwichs
avant même de quitter la gare.

Le train affiche du retard,
les enfants ont déjà soif.
Nos vacances commencent ici,
loin de la brochure prévue.
02
complice·partage

Cartes sous la tente

La pluie frappe la toile,
le sentier devient impraticable.

Nous sortons un jeu de cartes,
une lampe et les biscuits.
Le mauvais temps invente
une soirée que personne n’avait réservée.
03
curieux·lecture

Une rue jamais prise

Nous restons chez nous cet été,
mais tournons après la pharmacie.

Une rue monte vers un parc,
un café possède une cour.
Les vacances commencent parfois
par désobéir à son trajet habituel.
04
joyeux·carte

Une glace pour trois

Le budget tient dans une enveloppe,
nous comptons avant la promenade.

Une grande glace, trois cuillères,
un banc face au port.
Le plaisir ne demande pas
que chacun possède sa portion.
05
tendre·message

Le voisin arrose les plantes

Une photo arrive du voisin :
le ficus tient toujours debout.

Nous sommes à huit cents kilomètres,
mais la cuisine nous écrit.
Même en vacances, la maison
garde un fil autour de nos clés.
06
résigné·lecture

Le retour en trois machines

Les valises ouvertes couvrent le sol,
le sable tombe des serviettes.

Trois machines attendent leur tour,
le réfrigérateur semble immense.
Les vacances finissent vraiment
quand une chaussette retrouve son tiroir.
07
libre·lecture

La carte reste pliée

Le premier matin des vacances,
la carte reste pliée sur la table.
Nous prenons du pain, suivons une rue
qui descend sans doute vers la mer.
Personne ne vérifie l’heure.
Un marché apparaît derrière l’église,
puis une terrasse encore vide.
Voyager commence parfois
quand le programme accepte enfin de nous perdre.