7 poèmes

Poèmes sur le football

Sept poèmes originaux sur le football, entre terrain de quartier, vestiaire, tribunes, arbitrage, défaite et plaisir de jouer ensemble.

Le football commence souvent loin des grands stades : deux pulls posés pour faire les buts, un ballon fatigué et une règle modifiée dès qu’elle dérange l’équipe qui perd.

Ces poèmes suivent le jeu depuis plusieurs places, sur le terrain comme autour. Ils parlent de joie, de mauvaise foi, d’attente et de défaite sans emprunter de chants, de slogans ni de scènes à une équipe réelle.

01
drôle·lecture

Deux Pulls pour les buts

Deux pulls marquent les poteaux,
le trottoir devient la touche.

Le ballon frôle une voiture,
tout le monde retient son souffle.
Puis le propriétaire ne paraît pas :
le match reprend, très officiellement.
02
tendu·lecture

Lacets avant le match

Dans le vestiaire, les voix montent,
mais je regarde mes lacets.

Je les serre une seconde fois,
puis une troisième sans raison.
Au coup de sifflet, mes mains cessent ;
mes jambes savent où aller.
03
franc·equipe

La Passe en retard

Je réclame le ballon,
tu lèves enfin la tête.

La passe arrive trop tard,
derrière ma course et mes reproches.
Nous perdons l’action ensemble,
puis revenons défendre sans discuter.
04
retenu·carte

Derrière le grillage

Mon père reste derrière le grillage,
les mains dans les poches.

Il ne crie pas mes consignes,
ne corrige aucun contrôle.
Quand je réussis mon tacle,
il incline seulement la tête.
05
déçu·lecture

Le Score à la craie

Le tableau porte zéro à trois,
la pluie commence à tomber.

Personne ne réclame de revanche.
Nous rangeons les chasubles,
ramassons le ballon lourd
et gardons le silence jusqu’au portail.
06
nostalgique·souvenir

Le Dernier tir du dimanche

Le soleil descend derrière les immeubles,
les fenêtres s’allument une à une.

Quelqu’un appelle depuis un balcon.
Nous promettons un dernier tir,
puis encore un dernier,
jusqu’à ne plus voir les lignes.
07
collectif·lecture

Le match du vendredi soir

Vendredi soir, les projecteurs éclairent
le terrain municipal encore humide.
Des parents frappent dans leurs mains,
le gardien replace une défense hésitante.
Un but arrive sans geste spectaculaire,
après trois passes enfin réussies.
Quand le coup de sifflet retentit,
les deux équipes quittent la pelouse
avec la même boue sur les chaussures.