7 poèmes

Poèmes octosyllabiques

Sept poèmes originaux composés principalement en vers de huit syllabes, sur des sujets et des tonalités variés.

L’octosyllabe est un vers de huit syllabes très présent dans la poésie française. Son rythme peut sembler léger ou narratif, mais il accueille aussi la gravité, l’observation et l’ironie.

Ces textes proposent des créations contemporaines aux vers majoritairement octosyllabiques. La diction peut faire varier certains comptes selon les e muets, ce qui offre un support utile pour la lecture et la discussion métrique.

01
vif·classe

Le quai du matin

Le train respire sur le quai,
Un sac attend contre ma jambe.
La ville ouvre un œil distrait,
Puis chaque porte nous rassemble.
Je pars sans promesse au retour,
Le rail décide de ce jour.
02
paisible·lecture

Le jardin après la pluie

La pluie a lavé le jardin,
La menthe relève sa tête.
Un escargot suit son chemin,
Sous une feuille encore inquiète.
Le soir descend contre le mur,
L’air devient plus calme et plus pur.
03
chaleureux·carte

L’ami revenu

Tu reviens sans longue raison,
Avec du pain sous ton manteau.
Nous reprenons la conversation,
Là où dormaient les anciens mots.
L’amitié connaît le détour,
Et garde une chaise au retour.
04
ironique·partage

La réunion du lundi

Le tableau promet du progrès,
Le café refroidit trop vite.
Chacun reformule le projet,
Personne encore ne le visite.
À midi, le plan reste entier,
Mais six couleurs l’ont décoré.
05
mélancolique·souvenir

La chaise près de la fenêtre

Ta chaise regarde le jardin,
Personne ne l’a déplacée.
La poussière y trace un chemin,
Que ma main vient recommencer.
L’absence n’arrête pas le jour,
Elle change seulement son contour.
06
joyeux·classe

Le vélo rouge

Le vélo rouge prend la rue,
Deux roues hésitent dans la pente.
Une main lâche, une autre salue,
La peur devient moins insistante.
L’enfant rejoint le vieux portail,
Fier de ce minuscule travail.
07
régulier·classe

Le sentier mesure nos pas

Le matin traverse les branches,
Un merle essaie quelques notes,
Nos pas réveillent le gravier,
Le vent défait un peu nos traces.
Nous allons sans presser le jour,
Chaque détour ouvre une vue,
Puis le sentier rejoint la route,
Le soir descend entre les champs,
Et nos voix rentrent avec nous.