7 poèmes

Poèmes pour le collège et le lycée

Sept poèmes originaux accessibles aux collégiens et lycéens, ancrés dans la classe, les transports, l’amitié et les premiers choix.

Au collège et au lycée, une journée peut contenir un contrôle raté, un fou rire impossible à arrêter, trente minutes d’attente au portail et une décision qui paraît soudain très adulte.

Ces poèmes proposent des scènes proches de cette expérience sans chercher à donner une morale. Leur langue reste accessible, mais les émotions ne sont pas simplifiées : l’ennui, l’ironie, la solidarité et l’incertitude y ont leur place.

01
familier·classe

Casier numéro cent douze

Mon casier ferme mal,
la porte revient toujours.

Il contient deux cahiers,
un goûter écrasé,
la photo d’une amie partie
et davantage que mon emploi du temps.
02
lucide·lecture

Contrôle rendu

La copie revient face cachée,
comme si elle avait honte.

Je découvre la note,
puis une phrase dans la marge.
Le nombre ferme une porte ;
les mots en laissent une autre.
03
complice·partage

Vingt minutes au portail

Le bus a vingt minutes de retard,
la pluie commence doucement.

Nous partageons un écouteur,
puis le dernier biscuit.
La journée que nous détestions
finit presque trop vite.
04
audacieux·classe

L’Exposé sans diaporama

Le fichier refuse de s’ouvrir,
l’écran reste bleu devant la classe.

Tu prends une respiration,
commences sans aucune image.
À la troisième phrase, personne
ne regarde plus le vidéoprojecteur.
05
incertain·lecture

La Case à cocher

Le formulaire demande une réponse
avant vendredi à dix-sept heures.

Je tiens le stylo au-dessus
de trois cases trop propres.
Mon avenir ne tient pas dedans,
mais je commence par une croix.
06
ironique·lecture

Le Mur du fond

Au fond de la salle,
j’écrivais mon nom sur le mur.

Le surveillant m’a donné une éponge.
J’ai frotté jusqu’à tout effacer,
puis signé ma feuille d’examen
avec les mêmes lettres appliquées.
07
observateur·classe

Couloir de onze heures

À onze heures, le couloir déborde
de sacs, de voix et de portes.
Une élève relit son contrôle,
un autre cache un dessin dans son cahier.
Entre deux sonneries, chacun essaie
de comprendre le cours et sa propre place.
Le collège, le lycée sont aussi cela :
un passage bruyant
où l’on grandit sans entendre le mouvement.