7 poèmes

Poèmes pour ma grand-mère vivante

Sept poèmes originaux pour célébrer une grand-mère vivante, son autonomie, ses habitudes, ses récits et la relation présente.

Honorer une grand-mère de son vivant permet de parler directement avec elle plutôt que de la transformer en mémoire anticipée. Son âge ne retire ni son autonomie ni ses projets.

Ces textes évitent de présenter toutes les grand-mères comme identiques, douces ou disponibles. Ils privilégient des scènes particulières et un lien respectueux.

01
joyeux·carte

Grand-mère raccroche la première

Grand-mère écoute mes nouvelles,
puis annonce son rendez-vous.

Elle raccroche la première,
sa journée continue.
L’aimer vivante
signifie ne pas supposer que son temps attend seulement nos appels.
02
tendre·hommage

La recette que nous écrivons ensemble

Grand-mère cuisine,
je mesure enfin les quantités.

Elle corrige ma feuille,
ajoute encore un geste.
Son savoir vivant
peut être transmis sans réduire sa présence à un souvenir futur.
03
respectueux·famille

Le non de grand-mère

Nous proposons une sortie,
grand-mère préfère rester chez elle.

Aucun débat familial
ne doit renverser sa réponse.
Respecter son âge
commence par respecter aussi les décisions qui nous déçoivent.
04
drôle·partage

Grand-mère choisit son propre téléphone

Nous suggérons un modèle simple,
elle en choisit un autre.

Elle apprend, demande,
et refuse nos réglages inutiles.
L’âge de grand-mère
ne transforme pas chaque technologie en décision réservée aux plus jeunes.
05
attentif·lecture

La question posée maintenant

Je demande à grand-mère
comment elle vivait ce travail.

Sa réponse contredit
la version familiale répétée.
Une personne vivante
peut encore corriger l’histoire racontée à sa place.
06
chaleureux·anniversaire

Un anniversaire tourné vers demain

Pour son anniversaire,
grand-mère parle d’un voyage à venir.

Nous célébrons ses années,
pas une fin imaginée.
Son âge contient
encore des projets qui ne demandent aucune permission sentimentale.
07
affectueux·hommage

Cet après-midi compte maintenant

Grand-mère, je viens boire le thé
sans attendre une fête ou un anniversaire.
Tu racontes encore l’histoire du voisin,
et je te demande enfin la suite.
Je préfère célébrer ta présence
pendant que tu peux répondre, rire, corriger.
Cet après-midi ordinaire
vaut davantage qu’un hommage tardif
où ta voix ne pourrait plus contredire la mienne.