7 poèmes

Poèmes pour un cousin décédé

Sept poèmes originaux pour rendre hommage à un cousin décédé à travers l’enfance partagée, les réunions familiales et une absence particulière.

La mort d’un cousin peut laisser un deuil difficile à situer. Le lien n’occupait pas forcément le quotidien, mais il appartenait aux étés, aux fêtes et à une histoire familiale dont certaines scènes n’existent qu’à deux.

Ces poèmes évoquent cette relation sans mesurer la peine ni parler à la place des proches. Ils peuvent accompagner un hommage ou rester dans un carnet personnel.

01
nostalgique·hommage

Les vélos du village

Nous descendions la rue trop vite,
les freins criaient au virage.

Aujourd’hui, deux vélos rouillent
derrière la maison fermée.
Le mien tient encore debout ;
le tien garde le mur.
02
grave·lecture

La table des cousins

Aux repas de famille, notre table
faisait plus de bruit que les adultes.

Une chaise reste maintenant rapprochée,
comme si quelqu’un avait oublié
de la remettre à sa place
après ton dernier départ.
03
retenu·lecture

Ton numéro silencieux

Ton numéro reste dans mon téléphone
entre deux contacts encore vivants.

Je ne l’appelle pas.
Je ne l’efface pas non plus.
Certaines décisions minuscules
prennent des années à devenir possibles.
04
tendre·hommage

Le maillot trop grand

Tu m’avais donné ton vieux maillot,
trop large de deux tailles.

Je l’ai porté jusqu’à l’user,
puis gardé au fond d’un tiroir.
Le tissu a perdu ses couleurs,
pas le dimanche où tu me l’as lancé.
05
mélancolique·souvenir

Sept secondes de vidéo

La vidéo tremble, quelqu’un passe
devant l’objectif au mauvais moment.

On t’entend rire sept secondes,
hors cadre, sans savoir pourquoi.
Je la regarde parfois
juste assez longtemps pour ce son.
06
apaisé·lecture

La branche basse

Au bout du chemin, la branche basse
nous obligeait à nous pencher.

Je passe aujourd’hui sans y penser,
puis reviens sur mes pas.
Je touche l’écorce une seconde
et continue avec ton absence.
07
endeuillé·hommage

La valise du grenier

Au grenier, la vieille valise contient
nos cartes de vacances et deux raquettes.
Ton écriture traverse encore les étés,
pressée, penchée, pleine de plaisanteries.
Je souris avant que le manque revienne.
Le deuil fait tenir ensemble
la joie d’avoir grandi près de toi
et l’impossibilité de fabriquer
un seul souvenir supplémentaire avec mon cousin.