7 poèmes

Poèmes sur la danse

Sept poèmes originaux sur la danse, entre apprentissage, scène, fête, handicap et mouvement quotidien.

Danser ne consiste pas seulement à exécuter des pas parfaits. Le mouvement peut servir à célébrer, travailler, communiquer ou retrouver une relation différente avec son propre corps.

Ces poèmes traversent plusieurs styles et situations sans emprunter de chorégraphie réelle. Ils accordent autant d’attention à l’effort, au rythme et au consentement qu’à la beauté visible.

01
apprenant·lecture

Le premier compte de huit

La professeure compte jusqu’à huit,
mes pieds arrivent à neuf.

Je recommence devant le miroir,
moins raide à chaque passage.
La danse entre enfin
quand je cesse de la poursuivre.
02
joyeux·partage

La place après vingt heures

Les tables quittent la place,
un accordéon ouvre la soirée.

Une grand-mère entraîne son voisin,
deux enfants tournent sans règle.
Le village trouve un rythme
qu’aucun conseil municipal n’a voté.
03
libre·hommage

La danse depuis le fauteuil

Tes roues tracent un cercle,
tes bras répondent à la musique.

La scène n’attend pas
que tous les corps bougent pareil.
Le mouvement devient danse
par l’intention qui le traverse.
04
tendu·lecture

Respirer derrière le rideau

Les costumes bruissent en coulisse,
le public devient une rumeur.

Tu vérifies une chaussure,
poses la main sur ton ventre.
Avant le premier pas,
la danse commence par un souffle.
05
léger·partage

Une chanson pendant la vaisselle

La radio lance une chanson,
je garde encore l’éponge en main.

Entre l’évier et la table,
je tourne avec deux assiettes.
Personne n’applaudit ;
le carrelage suffit comme scène.
06
respectueux·lecture

Avant de prendre la main

Tu tends la main sans tirer,
attends ma réponse près de la piste.

Je dis oui, nous avançons ;
un autre soir, je pourrais refuser.
La danse partagée
commence par ce choix intact.
07
rythmé·lecture

Le miroir de la salle

Dans le miroir de la salle,
huit corps apprennent le même mouvement.
L’un avance trop tôt, une autre hésite,
les bras cherchent encore leur hauteur.
Puis la musique reprend
et les différences entrent dans le rythme.
Danser n’efface pas la maladresse.
Cela lui donne une direction,
un espace partagé et le droit de recommencer.