7 poèmes

Poèmes sur la forêt

Sept poèmes originaux sur la forêt, ses métiers, ses sols, ses habitants, ses usages et les limites nécessaires à sa protection.

Une forêt n’est ni un décor vide ni une nature toujours intacte. Elle peut être un habitat, un lieu de travail, un espace protégé ou un milieu transformé par plusieurs générations.

Ces textes observent les arbres, les sols et les activités humaines sans inventer de données scientifiques. Ils privilégient l’attention et la prudence.

01
contemplatif·lecture

Le sol après la pluie

Après la pluie, le sol
retient l’odeur des feuilles.

Chaque pas enfonce
un peu la matière sombre.
La forêt commence aussi
dans ce qui travaille sous nos chaussures.
02
lucide·hommage

Le trait sur le tronc

Le forestier marque un arbre,
mesure son diamètre et sa place.

La coupe n’est pas
un geste isolé du reste.
Gérer une forêt
demande des décisions que le promeneur ne voit pas.
03
prudent·discussion

Le sentier temporairement fermé

Une barrière ferme le sentier,
un panneau explique les travaux.

Nous choisissons une autre boucle,
sans franchir le ruban.
Respecter la forêt
inclut les limites qui protègent visiteurs et travailleurs.
04
curieux·classe

Le tronc laissé au sol

Un tronc mort reste
au milieu de la forêt.

Il abrite insectes, mousses
et plusieurs décompositions.
Ce qui paraît abandonné
continue de participer au vivant.
05
mystérieux·lecture

La forêt après notre départ

Nous quittons le parking,
les lampes disparaissent avec nous.

Dans la forêt, d’autres rythmes
commencent ou se poursuivent.
Le lieu ne ferme pas
quand le dernier promeneur rentre.
06
grave·réflexion

La lisière derrière les maisons

Derrière les maisons neuves,
la lisière recule de quelques mètres.

Un chemin reste,
mais les habitats changent.
La forêt urbaine
se réduit parfois sans bruit spectaculaire.
07
respectueux·lecture

La forêt derrière la barrière

Après la tempête, une barrière
ferme le sentier de la forêt.
Des branches pendent, des troncs travaillent
encore sous leur propre poids.
Nous renonçons à passer,
laissant les équipes sécuriser les lieux.
La forêt n’est pas
un décor disponible à toute heure :
elle vit, tombe et se transforme sans nous.