7 poèmes

Poèmes sur la maison

Sept poèmes originaux sur la maison habitée, quittée, réparée ou partagée, loin de l’image d’un foyer toujours parfait.

Une maison se compose de murs, mais aussi de bruits, de réparations et de personnes qui n’y vivent pas toutes de la même manière. Elle peut protéger, manquer ou devenir trop étroite.

Ces textes visitent plusieurs foyers : appartement loué, maison familiale, logement neuf ou lieu quitté. Ils observent ce que l’on habite sans confondre maison et bonheur automatique.

01
nostalgique·souvenir

Les tailles sous le papier

Derrière le papier peint,
nous retrouvons des traits au crayon.

Chaque date porte une taille,
un prénom, parfois une erreur.
La maison avait mesuré les enfants
avant de changer de couleur.
02
espérant·lecture

La première nuit sans rideaux

Les cartons servent de table,
les fenêtres n’ont aucun rideau.

Les phares traversent la chambre,
un voisin ferme sa porte.
Ce logement n’est pas encore chez nous,
mais nos brosses à dents y sont.
03
lucide·lecture

Le seau sous l’évier

Une fuite tombe lentement
dans un seau rouge.

Chaque goutte annonce
que la réparation attend lundi.
La maison nous protège,
mais demande parfois qu’on la protège aussi.
04
drôle·partage

La porte gonflée par l’hiver

La porte frotte contre le sol,
il faut pousser avec l’épaule.

Chaque hiver, le bois
reprend un peu de place.
La maison possède ses saisons
et refuse de les vivre en silence.
05
mélancolique·lecture

La chambre après le départ

Le lit est contre le mur,
l’affiche a laissé quatre marques.

Ton départ n’a pas vidé
toute la pièce d’un coup.
La maison apprend lentement
à ne plus attendre tes pas.
06
chaleureux·hommage

La rallonge sortie du placard

Les voisins montent avec un plat,
nous déplions la vieille rallonge.

Les chaises ne vont pas ensemble,
la table traverse presque la pièce.
Une maison devient plus grande
quand elle accepte de se serrer.
07
fondateur·lecture

La première nuit dans la maison

La première nuit, la maison inconnue
fait craquer ses marches et ses tuyaux.
Les cartons dessinent des couloirs,
une seule lampe éclaire le salon.
Nous mangeons par terre avec deux fourchettes.
Nous habitons l’adresse sans nous y reconnaître.
Elle deviendra nôtre par les habitudes,
les réparations, les disputes
et les retours qui y trouveront leur adresse.