7 poèmes

Poèmes sur le mois d’avril

Sept poèmes originaux sur le mois d’avril, entre averses, poissons en papier, jardins hésitants et journées qui s’allongent.

Avril arrive avec des manteaux que l’on regrette d’avoir laissés chez soi et des fenêtres ouvertes trop tôt. Le mois hésite entre averse froide, soleil franc et plaisanteries collées dans le dos.

Ces poèmes observent ses changements dans la rue, à l’école et au jardin. Ils ne forcent pas le printemps à être joyeux : certains jours recommencent, d’autres se contentent d’éclairer un détail.

01
malicieux·classe

Poisson dans le dos

Un poisson bleu voyage
sur le manteau du directeur.

Toute la cour retient son rire.
Il traverse le préau, très droit,
puis se retourne en souriant :
il en avait préparé vingt.
02
vif·lecture

Averse sur les jonquilles

La pluie couche les jonquilles
le long du mur humide.

Une heure plus tard, le soleil
redresse leurs têtes jaunes.
Avril change d’avis ;
les fleurs ne demandent pas d’excuses.
03
ironique·message

La Veste oubliée

Ce matin, le ciel promettait
une journée presque chaude.

À cinq heures, je cours
sous une grêle minuscule.
Ma veste attend sur une chaise,
fière d’avoir eu raison.
04
attentif·lecture

Semis sur le rebord

Six pots occupent la fenêtre,
chacun portant une étiquette.

Rien ne paraît pousser,
puis une tige fend la terre.
Je rapproche mon visage ;
le mois tient dans ce millimètre.
05
mobile·lecture

Terrasse avant la pluie

Le café sort quatre tables,
les clients retirent leurs manteaux.

Une rafale retourne le menu,
les premières gouttes gagnent les verres.
Tout rentre en moins d’une minute ;
avril garde la terrasse vide.
06
calme·lecture

Le Soir plus long

Après le dîner, la fenêtre
porte encore un peu de ciel.

Je n’allume pas la lampe,
je laisse les murs pâlir.
Sans bruit, avril ajoute
quelques minutes à la maison.
07
changeant·lecture

Trois saisons dans une heure

En avril, je sors les chaises du balcon.
Le soleil chauffe aussitôt le métal,
puis un nuage apporte de la grêle.
Je rentre les coussins, ferme la fenêtre,
et cinq minutes plus tard
un merle chante dans la lumière.
Ce mois ne tient aucune promesse,
sauf celle de changer
avant que nous ayons fini de nous adapter.