7 poèmes

Poèmes sur le mois de mai

Sept poèmes originaux sur le mois de mai, entre floraisons, jours fériés, premières chaleurs et travail de saison.

Mai possède une réputation lumineuse, mais il ne se résume pas au muguet. Les pluies continuent, les emplois du temps se fragmentent et les jardins réclament déjà une attention régulière.

Ces poèmes traversent une ville, une école, un verger et un atelier. Ils montrent plusieurs rythmes du mois sans transformer le printemps en décor toujours paisible.

01
vif·lecture

Trois brins à la sortie du métro

Une vendeuse tient un seau
de muguet près de l’escalier.

Les passants ralentissent,
cherchent quelques pièces.
Mai tient ce matin
dans trois clochettes enveloppées de papier.
02
contemplatif·lecture

Le verger mouillé

La pluie a quitté les branches,
chaque feuille garde une goutte.

Les jeunes fruits apparaissent
là où les fleurs sont tombées.
Mai transforme sans cérémonie
la promesse en poids minuscule.
03
lucide·discussion

Le pont du calendrier

Un jour férié coupe la semaine,
les trains affichent complet.

Certains ferment leur ordinateur,
d’autres travaillent comme jeudi.
Mai distribue ses pauses
sans les offrir à tout le monde.
04
drôle·classe

La classe regarde dehors

La fenêtre reste ouverte,
un ballon roule dans la cour.

Au tableau, la division attend ;
les oiseaux défendent un autre programme.
En mai, apprendre exige
de rappeler les yeux à l’intérieur.
05
joyeux·partage

La table sur le balcon

Nous portons les assiettes dehors,
malgré le vent du soir.

Une serviette quitte la table,
le pain refroidit plus vite.
Ce premier dîner de mai
vaut pourtant tous ses ajustements.
06
attentif·hommage

L’odeur du premier foin

Une prairie vient d’être coupée,
l’air porte une odeur verte.

L’agriculteur regarde les nuages,
la pluie pourrait revenir demain.
Mai fleurit sur les cartes ;
ici, il faut choisir l’heure.
07
lumineux·lecture

Les fenêtres restent ouvertes

En mai, les fenêtres restent ouvertes
un peu plus tard dans la cour.
Des voix descendent des appartements,
le lilas dépasse au-dessus du mur.
Un enfant reprend son vélo,
les voisins ressortent deux chaises.
Le printemps ne fait pas disparaître
les soucis de l’hiver,
mais il agrandit doucement l’espace autour d’eux.