7 poèmes

Poèmes sur la mélancolie

Sept poèmes originaux sur la mélancolie, ses objets, ses saisons et ses retours, sans diagnostic ni romantisation de la souffrance.

La mélancolie peut désigner une tristesse diffuse, un regret ou une tonalité artistique. Un poème peut l’explorer sans prétendre diagnostiquer la santé mentale ni présenter la douleur comme une condition du talent.

Ces textes restent ancrés dans des scènes ordinaires. Ils ne promettent pas qu’une image ou une saison apportera nécessairement l’apaisement.

01
mélancolique·lecture

Le manteau de l’automne dernier

Je retrouve dans la poche
un ticket de l’automne dernier.

La date ne dit rien,
mais le papier serre ma mémoire.
La mélancolie revient
par un objet qui ne connaît pas son pouvoir.
02
retenu·lecture

La table près de la vitre

Le café est presque vide,
la pluie ralentit la rue.

Je reste après ma tasse,
sans raison urgente.
La mélancolie occupe
la chaise libre sans demander de conversation.
03
nostalgique·réflexion

Le morceau retrouvé

Un ancien morceau commence,
je reconnais les premières notes.

Je ne change pas de piste,
ni ne cherche l’ancien été.
La mélancolie écoute
ce qui ne reviendra pas exactement.
04
sobre·lecture

Le dimanche après dix-sept heures

Après dix-sept heures,
le dimanche change de couleur.

Les fenêtres s’allument,
le lendemain approche.
Ma mélancolie n’annonce rien ;
elle accompagne seulement cette transition familière.
05
grave·souvenir

La photographie sans lieu

Une photographie floue
montre trois silhouettes inconnues.

Je ne sais ni où,
ni pourquoi je la garde.
La mélancolie peut naître
d’une mémoire que personne ne possède plus.
06
lucide·discussion

Quand la tonalité devient trop lourde

La mélancolie dure,
change mon sommeil et mes jours.

Je ne demande pas
au poème de tout porter.
Je peux chercher un soutien
sans trahir la beauté de mes mots.
07
mélancolique·lecture

Le linge tourne lentement

Dimanche, le linge tourne derrière la vitre
de la laverie presque vide.
Une chanson ancienne passe trop bas,
la pluie efface les voitures dehors.
La mélancolie ne porte pas
toujours le visage d’un grand chagrin.
Elle s’assied près de moi,
regarde les couleurs se mélanger
et repart avant la fin du cycle.