7 poèmes

Poèmes sur la timidité

Sept poèmes originaux sur la timidité, la parole, les groupes, les limites et les façons discrètes de participer.

La timidité n’est ni un défaut moral ni un diagnostic. Elle peut varier selon les lieux et n’empêche pas la compétence, le désir de lien ou la fermeté.

Ces textes évitent l’injonction à devenir extraverti.

01
courageux·classe

La main levée après les autres

Je connais la réponse,
ma main se lève lentement.

La professeure attend,
ne termine pas ma phrase.
Ma timidité
n’enlève rien à ce que je sais.
02
lucide·lecture

Cinq minutes sur le balcon

La fête devient bruyante,
je sors cinq minutes.

Personne ne me force
à revenir immédiatement.
Ma timidité demande
un passage calme, pas une disparition.
03
sincère·message

Les mots envoyés autrement

Je parle peu en groupe,
mais écris un message précis.

Ma voix n’est pas absente,
elle choisit un autre canal.
La timidité
possède aussi ses moyens d’expression.
04
fier·classe

La fiche dans ma main

Pendant la présentation,
je garde une fiche dans ma main.

Ma voix tremble,
le contenu reste solide.
Être timide
ne rend pas mon travail moins préparé.
05
respectueux·message

L’invitation sans pression

Tu m’invites,
ajoutes que je peux refuser.

Cette phrase ouvre davantage
que plusieurs encouragements insistants.
Ma timidité respire
quand le choix reste réellement disponible.
06
ferme·discussion

Un non dit doucement

Je parle doucement,
mais mon non reste complet.

La timidité ne transforme pas
ma limite en hésitation.
Écouter ma voix
demande parfois de baisser la vôtre.
07
intérieur·réflexion

Avant d’entrer dans la salle

Dans le couloir, je répète
la phrase que je veux dire en réunion.
Quand la porte s’ouvre, ma voix
reste quelques minutes derrière moi.
La timidité n’efface ni mes idées
ni mon désir de rencontrer les autres.
Je prends le temps, respire,
et finis par parler
sans devoir devenir quelqu’un de plus bruyant.