7 poèmes

Poèmes sur la nature

Sept poèmes originaux sur la nature, ses cycles, ses milieux, ses interactions et la place humaine parmi eux.

La nature ne désigne pas un monde pur séparé des humains. Les villes, les champs, les forêts et les rivières sont des milieux transformés où de nombreuses espèces et activités se rencontrent.

Ces textes proposent des scènes variées sans idéaliser le sauvage ni inventer de faits scientifiques. Ils privilégient l’observation, les limites et la responsabilité.

01
lucide·lecture

La plante dans la fissure

Une plante pousse
dans la fissure du trottoir.

Elle n’a pas choisi
un symbole de résistance.
La nature profite simplement
d’un peu de terre, d’eau et de lumière disponibles.
02
réfléchi·discussion

Le sentier que nos pas fabriquent

Nos pas répétés
élargissent le sentier.

La pluie suit ensuite
la terre devenue nue.
Dans la nature,
notre passage observe et transforme en même temps.
03
curieux·lecture

Le jardin partagé avec les insectes

Nous plantons des fleurs,
les insectes choisissent lesquelles visiter.

Le jardin nous appartient
sur le document cadastral.
Dans la vie réelle,
il reste un lieu de besoins croisés.
04
sobre·lecture

Après le vent

Le vent casse une branche,
ouvre davantage de lumière au sol.

Des plantes changent,
un nid doit être reconstruit.
La nature ne transforme pas
chaque perturbation en leçon destinée aux humains.
05
attentif·classe

Le renard au bord de la ville

Un renard traverse
le parking avant l’aube.

Il connaît nos déchets,
nos clôtures et nos horaires.
La nature urbaine
ne commence pas seulement après le dernier immeuble.
06
contemplatif·lecture

Le paysage n’est pas silencieux

Je dis que la nature
est silencieuse.

Puis j’écoute le vent,
les ailes, l’eau et les machines lointaines.
Le calme du paysage
était surtout mon manque d’attention.
07
attentif·réflexion

Le vivant entre deux parkings

Derrière la zone commerciale, un talus
garde des ronces, des insectes et trois bouleaux.
Ce n’est pas un paysage célèbre,
mais le vivant y trouve passage.
La nature ne commence pas
seulement au bout d’un long voyage.
Elle persiste entre nos constructions
et dépend des espaces
que nous acceptons de ne pas occuper entièrement.