7 poèmes

Poèmes sur la rivière

Sept poèmes originaux sur la rivière, son courant, ses usages, ses crues, ses ponts et les vies installées sur ses rives.

Une rivière est à la fois un milieu vivant, un mouvement d’eau et un espace utilisé par les humains. Sa beauté n’efface ni les crues, ni la pollution, ni les infrastructures qui la modifient.

Ces textes restent génériques et ne donnent pas de consigne de sécurité hydrologique. Ils observent des scènes de rive sans attribuer à l’eau une sagesse automatique.

01
réfléchi·lecture

Le courant sous le pont fixe

Le pont garde sa place,
la rivière change à chaque seconde.

Des passants traversent,
l’eau poursuit une autre direction.
Entre structure et courant,
le paysage combine ce qui demeure et ce qui passe.
02
grave·discussion

La marque de crue sur le mur

Une ligne brune
reste sur le mur de la maison.

La rivière est redescendue,
les habitants réparent encore.
Le courant paisible d’aujourd’hui
n’efface pas le niveau atteint cette année-là.
03
respectueux·hommage

Les marches qui descendent vers l’eau

De vieilles marches
descendent jusqu’à la rivière.

Elles rappellent des lessives,
des mains et des journées de travail.
La rive conserve
des usages que le paysage touristique raconte rarement.
04
lucide·classe

La canette arrêtée dans les roseaux

Une canette brillante
reste prise dans les roseaux.

La rivière ne l’a pas créée,
seulement transportée.
Ce déchet visible
relie la rue en amont au milieu aquatique.
05
prudent·classe

Le bâton confié au courant

L’enfant pose un bâton
dans un bord calme de la rivière.

Il le suit des yeux,
pas avec ses pieds.
Le jeu reste prudent
quand la curiosité ne demande pas de poursuivre l’eau.
06
sobre·discussion

Les pierres découvertes en été

En été, la rivière basse
découvre plusieurs pierres claires.

Des traces d’humidité
marquent l’ancien niveau.
Le manque d’eau
change les habitats avant de changer nos photographies.
07
fluide·lecture

L’eau passe sous les travaux

Sous le pont en réparation, la rivière
continue entre les échafaudages.
Elle porte des feuilles, reflète une grue,
contourne un pilier ancien.
La ville mesure son débit,
renforce les berges, surveille les crues.
L’eau paraît libre,
mais son chemin dépend aussi
de nos murs et de la place que nous lui rendons.