7 poèmes

Poèmes sur l’air

Sept poèmes originaux sur l’air, le souffle, le vent, la pollution, la ventilation et cette matière invisible dont dépend chaque corps.

L’air paraît vide parce qu’il échappe au regard. Pourtant il porte des odeurs, des particules, de l’humidité, des sons et la possibilité même de respirer.

Ces textes mêlent observation et responsabilité sans donner de conseil médical ni réduire l’air à une simple métaphore.

01
curieux·observation

Le rideau prouve le courant

Le rideau se soulève
avant que je sente le courant.
L’air invisible laisse une preuve
dans le tissu,
puis déplace doucement les feuilles du bureau.
02
pratique·école

La fenêtre de la classe

Nous ouvrons la fenêtre
entre deux exercices.
Le bruit de la rue entre aussi ;
respirer mieux
demande parfois de partager l’espace avec le dehors.
03
grave·ville

L’air lourd près de l’avenue

Près de l’avenue,
l’air possède une odeur métallique.
La pollution n’est pas abstraite
pour les poumons
qui traversent chaque jour ce carrefour.
04
concentré·récitation

Le souffle avant la phrase

Je prends de l’air
avant de lire le poème.
Le souffle règle les lignes
et rappelle
que la voix dépend d’un geste physique.
05
joyeux·atelier

La pompe du vélo

La pompe pousse l’air
dans la chambre à air.
Une matière invisible
rend la roue assez ferme
pour reprendre le chemin sans boiter.
06
sensoriel·lecture

Après la pluie chaude

Après la pluie,
l’air sent la terre et le bitume.
Les odeurs se mélangent
sans demander
quelle partie de la ville mérite le mot nature.
07
attentif·réflexion

Ouvrir avant de recommencer

La salle fermée garde
la chaleur et les voix de la réunion.
J’ouvre deux fenêtres ; l’air
déplace les feuilles et rafraîchit la table.
Invisible, il remplit nos poumons,
porte odeurs, pollens et particules.
Respirer paraît automatique,
mais la qualité de l’air
reste une responsabilité collective et mesurable.