7 poèmes

Poèmes sur l’amour de soi

Sept poèmes originaux sur l’amour de soi, les limites, le corps, l’erreur, le repos et une estime non dépendante de la performance.

L’amour de soi n’est ni une confiance permanente ni l’obligation d’aimer chaque partie de son corps. Il peut commencer par le respect, la sécurité et des limites réalistes.

Ces textes évitent les promesses de guérison et les injonctions positives. Ils reconnaissent que le soutien extérieur et professionnel peut parfois rester nécessaire.

01
paisible·réflexion

Le miroir sans verdict

Je passe devant le miroir
sans prononcer de jugement.

Mon reflet existe,
mon corps poursuit sa journée.
L’amour de soi
peut commencer par cette neutralité moins violente que la critique habituelle.
02
ferme·lecture

Le non qui protège mon temps

Je refuse une demande
que mon agenda ne peut porter.

La culpabilité arrive,
je maintiens pourtant la limite.
M’aimer aujourd’hui
signifie ne pas offrir des heures que je n’ai plus.
03
sincère·réflexion

Me parler après l’erreur

J’ai commis une erreur,
je dois la reconnaître et réparer.

Je refuse cependant
de me réduire à ce geste.
L’amour de soi
laisse responsabilité et dignité rester dans la même phrase.
04
attentionné·lecture

Le repos sans récompense préalable

Je n’ai pas terminé
toutes les tâches de la liste.

Je me repose quand même,
le corps n’est pas une machine louée.
M’aimer un peu
consiste à ne pas gagner chaque pause par épuisement.
05
courageux·message

Demander de l’aide sans perdre ma valeur

Je ne peux pas
porter seul cette période.

Je demande un appui
adapté à ce que je traverse.
L’amour de soi
ne transforme pas l’autonomie absolue en condition de dignité.
06
réfléchi·lecture

Je peux changer sans me détester

Je souhaite modifier
une habitude qui me nuit.

Ce changement ne demande pas
de haïr la personne actuelle.
L’amour de soi
peut accompagner le mouvement plutôt que défendre chaque ancien choix.
07
bienveillant·réflexion

Me parler sans devenir mon juge

Après la douche, le miroir
renvoie un visage fatigué et vivant.
Je remarque encore les défauts
que l’habitude m’a appris à chercher.
L’amour de soi n’exige pas
d’admirer chaque reflet.
Il commence lorsque je refuse
de me parler avec cruauté
et prends soin de ce corps sans attendre sa perfection.