7 poèmes

Poèmes sur l’attente d’une personne

Sept poèmes originaux sur l’attente d’une personne, entre rendez-vous, distance, incertitude, retard et limites nécessaires.

Attendre quelqu’un peut être tendre, inquiétant ou épuisant selon la situation. L’amour et l’amitié ne demandent pas d’attendre indéfiniment ni de suspendre toute sa vie.

Ces textes distinguent le retard ordinaire, le retour espéré et l’absence de réponse. Ils laissent au narrateur le droit de continuer, de fixer une limite ou de partir.

01
patient·lecture

Dix minutes sur le quai

Le panneau ajoute
dix minutes au train attendu.

Je garde ton message ouvert,
le café refroidit.
L’attente possède ici
une durée annoncée et un banc sous l’abri.
02
lucide·lecture

La table près de la fenêtre

J’ai choisi une table
près de la fenêtre.

Après trente minutes,
je commande seul et t’écris.
Attendre une personne
ne m’oblige pas à devenir invisible devant le serveur.
03
nostalgique·distance

Le retour sans date exacte

Ton retour dépend
d’un contrat encore incertain.

Nous faisons des projets courts,
sans promettre le mois.
Je t’attends
tout en continuant une vie qui ne peut rester emballée.
04
respectueux·message

Le message sans deuxième relance

Mon message est parti,
aucune réponse n’arrive encore.

Je n’envoie pas
dix questions supplémentaires.
Attendre une personne
peut aussi signifier respecter son espace et protéger le mien.
05
ferme·réflexion

L’heure où je partirai

Je t’attends jusqu’à huit heures,
puis je rentrerai.

Cette limite n’est pas
une punition théâtrale.
Elle donne à mon attente
une fin que je peux réellement tenir.
06
joyeux·retrouvailles

La porte des arrivées

À la porte des arrivées,
chaque visage cherche un autre visage.

Puis tu apparais,
plus fatigué que dans mes images.
L’attente se termine
par une personne réelle, pas par son idée parfaite.
07
impatient·lecture

Sous le panneau des trains retardés

Le panneau ajoute vingt minutes,
puis trente, au train que j’attends.
Je reconnais chaque silhouette
avant de comprendre qu’elle n’est pas toi.
Attendre une personne transforme
la gare entière en possibilité.
Quand enfin tu apparais,
le temps reprend sa taille ordinaire
et mes mains oublient le froid du quai.