7 poèmes

Poèmes sur les fraises

Sept poèmes originaux sur les fraises, leur culture, leur goût, leur fragilité et les personnes qui les récoltent.

La fraise apparaît souvent comme un simple symbole d’été. Elle est aussi un fruit fragile qui dépend d’un sol, d’une saison, d’un transport et du travail de personnes rarement visibles sur l’étal.

Ces textes suivent le fruit du jardin au marché sans idéaliser l’agriculture. Ils privilégient les sensations précises et les gestes quotidiens.

01
patient·lecture

La fraise sous la feuille

Sous une grande feuille,
une fraise rougit d’un seul côté.

Je la tourne doucement,
la laisse encore au plant.
La patience du jardin
consiste parfois à ne pas cueillir aujourd’hui.
02
attentif·lecture

Les barquettes du marché

Les fraises fragiles
forment plusieurs rangées dans la barquette.

La vendeuse retire
un fruit déjà écrasé.
L’été sur l’étal
demande une attention rapide avant de disparaître.
03
respectueux·discussion

Les genoux dans les rangs

La récolte avance
près du sol, le dos courbé.

Chaque barquette légère
contient des gestes répétés.
Manger une fraise
ne doit pas effacer les conditions de sa cueillette.
04
chaleureux·partage

La mousse sur la confiture

La confiture chauffe,
une mousse rose monte dans la casserole.

Nous remuons, remplissons les pots,
étiquetons le mois.
Les fraises de juin
attendront l’hiver sous un couvercle.
05
drôle·classe

La tache sur le tee-shirt

L’enfant croque une fraise,
le jus atteint son tee-shirt.

La tache ressemble
à une petite carte rouge.
Le goûter termine
avec un fruit mangé et un vêtement à laver.
06
lucide·réflexion

La fraise de décembre

En décembre, une fraise
arrive sous une lumière blanche.

Je lis son origine,
le trajet et le prix.
Le désir d’été
possède parfois une longue route cachée.
07
gourmand·lecture

Le panier taché de rouge

Le panier de fraises laisse
une tache rouge sur le rebord.
Nous retirons les fruits trop mûrs,
gardons les autres pour le dessert.
Une fraise n’a pas besoin
de ressembler à celle d’une publicité.
Sous sa forme irrégulière,
elle porte le soleil, la pluie
et les mains qui l’ont cueillie au matin.