7 poèmes

Poèmes sur les girafes

Sept poèmes originaux sur les girafes, leur hauteur, leurs mouvements, leurs groupes, leurs habitats et notre manière de les représenter.

La girafe ne se réduit pas à son long cou ni à une silhouette amusante. C’est un animal sauvage adapté à des milieux et des comportements que la poésie doit éviter de simplifier abusivement.

Ces textes restent génériques et ne donnent aucun conseil animalier. Ils privilégient l’observation respectueuse et refusent de présenter la captivité comme un décor neutre.

01
curieux·classe

Les feuilles à une autre hauteur

La girafe atteint
des feuilles au-dessus de mon regard.

Son cou n’est pas
une échelle offerte aux histoires humaines.
Il appartient
à un corps entier adapté à ses propres mouvements.
02
attentif·lecture

La marche aux longues lignes

La girafe avance,
ses jambes dessinent un rythme ample.

À distance,
le mouvement paraît lent.
Notre regard trompé
compare sa taille à des repères qui ne sont pas les siens.
03
respectueux·discussion

Aucune carte identique sur la peau

Les taches de la girafe
forment un dessin particulier.

Je les admire
sans les appeler costume.
La peau animale
n’existe pas pour fournir un motif à nos objets.
04
réfléchi·lecture

Plusieurs girafes sous les arbres

Plusieurs girafes se déplacent
entre des arbres espacés.

Le groupe change,
les distances aussi.
La vie sociale animale
ne suit pas forcément les rôles familiaux que nous voulons reconnaître.
05
grave·discussion

La hauteur ne supprime pas la clôture

La girafe dépasse
la plupart des visiteurs.

Pourtant une clôture
limite chacun de ses pas.
La grandeur visible
ne transforme pas la captivité en liberté suffisante.
06
lucide·lecture

La tête au-dessus des herbes

La tête de la girafe
se lève au-dessus des herbes.

Elle voit autrement,
pas nécessairement davantage de vérité.
La hauteur physique
ne devient pas une supériorité morale dans le paysage.
07
admiratif·enfants

Le cou au-dessus des branches

Près des acacias, la girafe
dépasse les branches les plus basses.
Sa langue saisit les feuilles,
ses jambes restent prêtes au mouvement.
Sa hauteur ne la rend pas
invulnérable aux routes, aux clôtures, à la perte d’habitat.
L’admirer exige aussi
de protéger les paysages
qui permettent à son espèce de vivre libre.