7 poèmes

Poèmes sur les nuages

Sept poèmes originaux sur les nuages, leurs formes changeantes, leur ombre et leur place dans nos paysages quotidiens.

Les nuages modifient un paysage sans jamais s’y installer. Ils peuvent annoncer une averse, protéger un champ du soleil ou devenir, pour quelques secondes, un animal reconnu par un enfant.

Ces textes les observent depuis une ville, un avion, une plage ou une cour d’école. Ils évitent d’en faire seulement des symboles de tristesse et prêtent attention à leurs effets concrets.

01
contemplatif·lecture

L’ombre traverse le blé

Un nuage passe sur le champ,
le blé change de couleur.

L’ombre court jusqu’au chemin,
puis grimpe sur la colline.
Aucune clôture ne retient
ce bref pays plus sombre.
02
joueur·classe

Dragon pendant dix secondes

Tu montres un dragon blanc
au-dessus de la cour.

Je cherche sa tête,
mais le vent défait déjà les ailes.
Nous avons vu la même chose
juste avant qu’elle disparaisse.
03
émerveillé·lecture

Sous l’aile de l’avion

Depuis le hublot, les nuages
ressemblent à un territoire solide.

L’aile en coupe la lumière,
un enfant demande où marcher.
Nous savons que tout est vapeur,
mais le paysage insiste.
04
vif·souvenir

La plage sous le gris

Les serviettes quittent le sable,
les parasols se ferment trop vite.

Un nuage avance depuis la mer,
lourd d’une pluie encore lointaine.
Seuls deux nageurs continuent,
déjà mouillés de toute façon.
05
réfléchi·lecture

Météo de bureau

Entre deux dossiers, je regarde
un nuage derrière la tour.

Il ne connaît ni réunion,
ni délai marqué en rouge.
Pendant une minute, mon regard
travaille pour un autre calendrier.
06
apaisé·carte

Le bord éclairé

Le soleil est déjà bas,
mais touche encore un nuage.

Son bord devient cuivre,
le centre reste presque noir.
Le ciel sait tenir ensemble
la lumière et ce qui la retarde.
07
contemplatif·lecture

Le ciel dans l’embouteillage

Au-dessus du périphérique immobile,
les nuages avancent sans feu rouge.
L’un ressemble à une île,
un autre se défait avant son nom.
Dans les voitures, chacun surveille l’heure.
Je lève pourtant les yeux
et retrouve pendant quelques secondes
un mouvement qui ne dépend
ni des klaxons ni de nos retards.