7 poèmes

Poèmes sur les poissons

Sept poèmes originaux sur les poissons, leurs milieux, leurs mouvements, l’aquarium, la pêche et notre manière de les observer.

Les poissons ne forment pas un groupe uniforme : leurs tailles, habitats et comportements varient fortement. Un poème peut observer cette diversité sans transformer chaque mouvement en émotion humaine.

Ces textes restent génériques et ne donnent aucun conseil d’élevage ou de pêche. Ils privilégient l’attention aux animaux, aux milieux aquatiques et aux activités humaines.

01
attentif·lecture

Le poisson sous le reflet

Sous le reflet des arbres,
un poisson change brusquement de direction.

Je distingue une nageoire,
puis seulement le courant.
Observer la rivière
demande d’accepter ce qu’elle ne montre pas longtemps.
02
curieux·classe

Le banc tourne sans chef visible

Le banc de poissons
tourne presque au même instant.

Aucun chef visible
ne donne un ordre depuis l’avant.
Le mouvement collectif
naît de distances maintenues entre de nombreux corps attentifs.
03
réfléchi·classe

La vitre dans les deux regards

L’enfant regarde le poisson
derrière la vitre de l’aquarium.

Le poisson passe devant lui,
sans devenir un jouet.
La vitre sépare
deux milieux et deux façons impossibles à confondre.
04
respectueux·hommage

Avant le poisson sur la glace

Au marché, les poissons
reposent sur une glace brillante.

Avant l’étal,
il y eut bateau, horaires et gestes.
Le repas du soir
porte un métier que l’assiette montre rarement.
05
grave·discussion

Le courant apporte aussi nos déchets

Le poisson traverse
une eau chargée après la pluie.

Le courant apporte
ce que les rues ont abandonné.
Le milieu aquatique
ne commence pas seulement au bord que nous photographions.
06
contemplatif·lecture

Une lumière adaptée à la profondeur

Plus bas, la lumière
change avant de disparaître.

Des poissons vivent
selon des conditions étrangères à nos fenêtres.
Leur monde n’est pas sombre
par manque, mais différent du nôtre.
07
observateur·enfants

L’ombre mobile sous nos pieds

Sous le ponton, plusieurs poissons
traversent l’ombre mobile de nos pieds.
Leurs écailles apparaissent, disparaissent,
selon l’angle de la lumière.
Nous gardons le pain dans le sac,
car leur milieu possède ses propres ressources.
Observer sans nourrir ni capturer
devient une manière simple
de respecter cette vie sous la surface.