7 poèmes

Poèmes surréalistes

Sept poèmes surréalistes originaux fondés sur des associations inattendues, des objets déplacés et une logique de rêve.

Le surréalisme poétique fait se rencontrer des réalités éloignées et laisse l’image déborder la logique quotidienne. Une création contemporaine peut explorer cette liberté sans imiter un auteur historique.

Ces textes sont entièrement originaux. Chacun construit son propre monde étrange, avec une cohérence interne plutôt qu’une explication finale.

01
étrange·récital

Le parapluie apprend à nager

Mon parapluie quitte l’entrée,
plonge dans l’aquarium municipal.

Les poissons ouvrent des journaux,
la pluie tombe vers le plafond.
À midi, mes chaussures
reçoivent une lettre signée par l’océan.
02
onirique·lecture

L’horloge pétrit le matin

L’horloge verse de la farine
dans les minutes encore froides.

Chaque heure gonfle,
puis sort dorée du four.
Nous mangeons le matin
sans savoir qui a gardé la dernière seconde.
03
fantaisiste·récital

La ville pliée dans ma poche

Je plie la ville
et la glisse dans ma poche.

Les bus deviennent des agrafes,
les immeubles froissent leurs fenêtres.
Quand je marche,
les places publiques tintent contre mes clés.
04
mystérieux·lecture

La lune s’assoit dans la cuisine

La lune s’assoit
sur la chaise la plus basse.

Elle demande du sel,
refuse toutes les cuillères.
À l’aube, nous retrouvons
un cratère minuscule dans la nappe.
05
onirique·récital

L’arbre répond au téléphone

Le téléphone sonne
dans le tronc du vieux chêne.

Une racine décroche,
écoute la voix des nuages.
Les feuilles répètent ensuite
un numéro que la terre refuse de composer.
06
fantaisiste·lecture

La mer dans le tiroir du haut

J’ouvre le tiroir,
la mer renverse ses vagues.

Des chaussettes deviennent bateaux,
un bouton dirige le phare.
Je referme doucement
avant que la chambre n’apprenne les marées.
07
onirique·lecture

Le mardi déplie ses nageoires

Ce mardi, le tramway entre
dans ma tasse et réclame du sucre.
Les horloges retirent leurs chaussures,
un poisson signe le courrier du maire.
Je traverse la fenêtre
avec une valise remplie de nuages carrés.
Au bout de la rue, mon ombre
ouvre un parapluie sous la terre
et m’attend depuis demain.