7 poèmes

Poèmes sur le mois de janvier

Sept poèmes originaux sur janvier, son froid, ses reprises, ses calendriers, ses jours qui rallongent et ses réalités diverses.

Janvier est souvent présenté comme un nouveau départ, mais les difficultés et les projets ne suivent pas automatiquement le calendrier. Le mois varie aussi selon les climats et les vies.

Ces textes observent plusieurs scènes hivernales sans imposer les résolutions ni une météo universelle. Ils accordent de la valeur aux reprises modestes et au repos.

01
ironique·lecture

La première page déjà raturée

Le calendrier neuf
reçoit une rature dès le deux janvier.

Le rendez-vous change,
la vie refuse une page parfaite.
Janvier commence
avec un futur déjà corrigé au stylo.
02
prudent·lecture

Le givre sur la voiture

Le givre couvre
le pare-brise du matin.

Nous grattons un passage,
attendons que la visibilité revienne.
Janvier ralentit
ceux que l’horaire voulait envoyer trop vite.
03
paisible·carte

Aucune résolution spectaculaire

Je refuse le serment
de devenir une personne entièrement neuve.

En janvier, je range
un tiroir et réponds à un message.
Ce commencement modeste
suffit à la taille de ma semaine.
04
respectueux·hommage

Le chantier dans le froid

En janvier, des ouvriers
montent l’échafaudage avec des gants.

Le froid que nous admirons
derrière la vitre change leur travail.
La saison poétique
aussi possède des conditions matérielles.
05
espérant·lecture

Quelques minutes gagnées le soir

Le soir arrive encore tôt,
mais la lumière tient quelques minutes de plus.

Personne ne l’applaudit,
le bus poursuit son trajet.
Janvier avance
par des changements presque trop petits pour nos yeux.
06
curieux·classe

Janvier n’est pas froid partout

Sur ma carte, janvier
porte des flocons et des manteaux.

Ailleurs, l’été
remplit les plages et les longues journées.
Un mois partagé
ne donne pas au monde la même saison.
07
hivernal·lecture

Le matin gratte le givre

En janvier, le jour commence
par du givre sur le pare-brise.
Les mains cherchent les gants,
la rue garde longtemps ses lampes.
Ce mois n’apporte pas
une vie neuve par décret du calendrier.
Il offre seulement un matin froid,
une page disponible
et le droit modeste de reprendre une habitude.